Légionellose: une veuve dénonce la négligence des autorités

Claude Desjardins est décédé de la légionellose dimanche... (Photo fournie par la famille)

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Claude Desjardins est décédé de la légionellose dimanche midi.

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(Québec) Jusqu'à la dernière minute, Solange Allen a gardé espoir pour son mari, Claude Desjardins, 64 ans, hospitalisé jeudi dernier après avoir contracté la légionellose. Mais les mauvaises nouvelles se sont succédé très vite jusqu'à son décès, dimanche midi. Depuis ce temps, Mme Allen ne peut s'empêcher de penser que sa mort aurait pu être évitée. «Y a eu négligence, ils n'ont pas pris ça au sérieux.»

«C'était un bon papa, un bon mari et un bon papi.» Solange Allen veut que les gens voient son visage et se disent «y avait pas à mourir».

«Ça s'est passé très, très vite», raconte-t-elle. Dans la nuit de lundi à mardi de la semaine dernière, M. Desjardins est pris de gros frissons. Malgré tout, il se rend au travail, chez Metro. Il était en bonne santé malgré son diabète et un accident vasculaire cérébral duquel il s'était bien remis.

Il décide de consulter un médecin et ce dernier n'a «pas aimé pantoute» ce qu'il a vu. M. Desjardins passe une batterie de tests avant d'être admis à l'hôpital. Le diagnostic tombe le lendemain, mais malgré tout, Mme Allen ne s'inquiète pas.

«J'avais espoir samedi soir quand on est partis. Je suis partie et je me disais : "Ce sera pas si pire."»

Mais cette nuit-là, M. Desjardins est frappé de deux arrêts cardiaques. Les médecins le plongent dans un coma artificiel pour limiter les dégâts. En vain, la bactérie ayant atteint des organes vitaux. Il a rendu l'âme dimanche à 11h55.

«Négligence»

«Je trouve ça aberrant», lance-t-elle. Elle est convaincue qu'il y a eu «négligence» de la part des autorités de santé publique et de la Ville de Québec. «Ce que je déplore, poursuit-elle, c'est que si la santé publique avait averti en disant "attention si des gens présentent des symptômes comme des frissons ou de la fièvre", on aurait été plus vigilant, on se serait présenté tout de suite à l'hôpital.» On aurait pu, par exemple, envoyer des dépliants d'information dans les domiciles des secteurs à risque.

Elle trouve aussi aberrant que l'inspection des tours de refroidissement - où loge la bactérie potentiellement mortelle - ne soit pas obligatoire. «Ils n'ont pas insisté plus, pas mis des inspecteurs pour aller les inspecter, ces tours-là. [...] Me semble que quand y en a 20 qui entrent à l'hôpital avec la même chose, on prend une procédure, on fait quelque chose, on ne laisse pas aller ça!»

«Il ne faut pas que ça reste comme ça», tonne Mme Allen, décidée. Elle se penchera sur les recours possibles au cours des prochains jours.

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