La légionellose fait deux autres morts à Québec

Le directeur de la Santé publique dans la... (Photo Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le directeur de la Santé publique dans la région de la région de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens, et la directrice générale adjointe à la sécurité publique de la ville de Québec, Chantale Giguère, ont rencontré les médias au sujet de l'éclosion de légionellose, lundi.

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(Québec) L'éclosion de légionellose prend de l'ampleur à Québec. Après le décès d'une femme de 88 ans au début du mois, deux hommes ayant des problèmes de santé chroniques sont décédés de cette maladie dernièrement.

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Les personnes atteintes de la maladie du légionnaire demeurent ou travaillent en grande partie dans la Basse-Ville, dans des immeubles ayant une tour de refroidissement.

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En outre, le nombre de personnes infectées par la bactérie qui cause la maladie du légionnaire a plus de que doublé depuis quelques jours. Le bilan de la santé publique présenté, lundi, fait état de 40 personnes atteintes de la maladie infectieuse. Plusieurs cas ont été rapportés depuis vendredi dernier et ont nécessité une hospitalisation aux soins intensifs.

Les personnes atteintes de la maladie du légionnaire demeurent en grande partie dans la Basse-Ville. Sans y avoir leur résidence, d'autres y travaillent. La moyenne d'âge des personnes atteintes est de 62 ans.

Il s'agit des cas sévères de la maladie. «La maladie du légionnaire cause une forte fièvre et des difficultés respiratoires. La majorité des personnes en contact avec cette bactérie ne développeront pas la maladie. Elles vont avoir plutôt une grippe sans difficulté respiratoire et vont s'en remettre après trois ou quatre jours. C'est ce qu'on appelle la fièvre de Pontiac», a expliqué le Dr François Desbiens, directeur de la Santé publique dans la région de la région de la Capitale-Nationale.

«Les personnes qui cumulent des facteurs de risques, soit des gros fumeurs, ont des maladies chroniques respiratoires, des maladies rénales, des diabétiques, ou des personnes qui ont le système immunitaire affaibli par la maladie, la chimiothérapie. L'infection va se compliquer d'une pneumonie sévère. Cette pneumonie va amener de la détresse respiratoire avec une problématique importante. C'est ce qui amène les personnes à consulter», a-t-il ajouté. Au moins deux personnes n'ayant pas de problèmes de santé font partie de la liste de celles ayant contracté la légionellose.

Le Dr Desbiens a invité les gens qui ont développé une fièvre et qui ont de la difficulté à respirer à communiquer au 811 à Info-Santé.

Inspection obligatoire

Pour contrer la prolifération de la maladie, la Santé publique de concert avec la sécurité publique de la Ville de Québec entreprendront mardi matin, et ce jusqu'à vendredi, une inspection d'une quarantaine de tours d'eau servant à la climatisation d'immeubles dans la Basse-Ville qui sont soupçonnées d'être la cause de l'éclosion de la maladie. Des prélèvements seront effectués dans chacune des tours d'eau. Pour l'heure, on ne connaît toujours pas l'origine de la contamination.

Le Dr Desbiens a reconnu au cours d'une conférence de presse que la démarche lancée au début du mois auprès des propriétaires d'immeubles ayant une tour de refroidissement, afin que cet équipement soit inspecté et nettoyé sur une base volontaire, n'avait pas eu le succès escompté.

Il a soutenu que ses services ont réagi de façon adéquate lorsque les premiers cas de légionellose ont été déclarés le 17 juillet dernier. Un total de 2700 lettres ont été acheminées aux propriétaires d'immeubles. Seulement 40 propriétaires ont retourné le questionnaire.

«Suite à 16 déclarations regroupées de cas de légionellose, nous avons décidé d'intervenir auprès des propriétaires d'édifices de trois étages de la Basse-Ville afin qu'ils s'assurent du bon fonctionnement de leur tour de refroidissement et qu'ils procèdent au nettoyage et à la désinfection. Nous avons contacté les grands promoteurs immobiliers, le réseau scolaire, le réseau de la santé, la ville de Québec et la société immobilière du Québec qui sont tous propriétaires de bâtiments pour qu'ils fassent le nettoyage de leurs tours», a-t-il indiqué.

Pour sa part, la directrice générale adjointe à la sécurité publique de la ville de Québec, Chantale Giguère, a assuré que les quatre tours dont la Ville est propriétaire dans le secteur concerné avaient été inspectées et qu'elles n'étaient pas la cause de l'éclosion de légionellose.

Aucune réglementation n'oblige un propriétaire à vérifier le niveau de contamination d'une tour de refroidissement logé sur le toit d'un immeuble malgré une recommandation en ce sens présentée il y a près de 20 ans.

À SAVOIR...

- La légionellose n'est pas une maladie contagieuse qui se transmet d'un humain à un autre comme la grippe l'hiver. Elle s'attrape en inhalant de minces gouttes d'eau contaminées.

- Les systèmes de climatisation individuels dont les climatiseurs de fenêtres et les thermopompes et les autres systèmes de climatisation de bâtiments ne sont pas la cause de l'éclosion de légionellose, a assuré le directeur de la Santé publique de la Capitale-Nationale.

ANALYSE MENSUELLE RECOMMANDÉE

Une entreprise spécialisée dans l'entretien et le nettoyage de tours de refroidissement estime qu'une analyse d'eau devrait être effectuée tous les mois pour détecter ou non la présence anormalement élevée de légionelle.

«Il n'y a aucune façon de connaître le niveau de légionelle tant qu'on n'a pas fait les analyses. On peut dire qu'on applique les bonnes pratiques, qu'on nettoie notre tour, mais si on ne fait pas d'analyses, ça ne confirmera pas si on a une présence élevée ou non de la bactérie», a expliqué, lundi, Stéphanie Doucet, de la compagnie Magnus à Québec. L'entreprise est spécialisée dans le traitement des eaux depuis des dizaines d'années. Elle a développé une expertise en rapport avec la contamination à la légionelle.

«Faire une analyse par année, ça ne donne pas grand-chose. Si on tombe dans une période où il y a un facteur aggravant comme la température élevée, c'est sûr qu'on risque plus d'avoir un niveau de légionelle élevé. En quelques heures, le niveau de bactéries peut augmenter de beaucoup dans une tour de refroidissement», a-t-elle ajouté.

Mme Doucet, qui n'est pas surprise de l'éclosion de légionellose à Québec en raison de la température élevée cet été, a indiqué qu'il n'était pas possible de faire disparaître toutes les bactéries causant la légionellose. «La légionelle, il y en a partout. Il y en a dans l'eau de la ville, mais il ne faut dépasser un certain niveau. À partir d'un niveau de contamination, ça devient critique pour les gens. En bas de ça, personne n'a été contaminé», a-t-elle dit.

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