«Ce congrès a pour but à tous les deux ou trois ans de faire le point sur la maladie. L'asthme est une des plus fréquentes maladies sinon la plus fréquente», a indiqué au Soleil le Dr Louis-Philippe Boulet, pneumologue à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (Hôpital Laval).
Le Dr Boulet est président du congrès. C'est la première fois en 20 ans que ces assises scientifiques ont lieu en Amérique et la première fois que le congrès se tient au Canada.
Des exposés porteront sur la génétique liée à l'asthme. «On détermine de plus en plus de marqueurs génétiques, de changements génétiques qui prédisposent à développer la maladie. Cela nous aide pour bien cibler le traitement. Au Québec, nous avons un terreau extrêmement fertile pour l'asthme à cause de notre génétique, entre autres», a expliqué le médecin.
«Parmi les nouveautés, on s'est rendu compte que l'asthme n'est pas juste une maladie mais un ensemble de maladies. Les mécanismes, les causes, les modes de développement sont parfois différents. Il y a plusieurs types d'asthme, plusieurs types d'inflammation bronchique. Les mécanismes de la maladie ont été précisés», a-t-il poursuivi.
Plus d'asthmatiques
Le nombre de personnes qui reçoivent un diagnostic d'asthme continue d'augmenter. Au Québec, 10 % de la population est asthmatique. De 5 à 10 % de ces malades ont un asthme jugé sévère. «Ça prend de l'ampleur. Au Canada, on va suivre la tendance. Ç'avait beaucoup augmenté ces 20 dernières années et ça continue. L'Organisation mondiale de la santé a prédit qu'il y aura 450 millions d'asthmatiques dans le monde au cours des prochaines années», a-t-il souligné.
Le Dr Boulet explique une partie de l'explosion des cas d'asthme par la détérioration de l'environnement. «La pollution, les changements climatiques semblent jouer un rôle. Il y a de plus en plus de substances chimiques dans l'air. Les gens sont de plus en plus exposés à des allergènes. L'allergie est la principale cause de l'asthme. La moitié des foyers ont des animaux. Ce n'est quasiment plus normal de ne pas être allergique. C'est rendu qu'il y a autant d'allergiques que de non-allergiques dans la population», a dit le médecin.
En plus de causer des problèmes cardiaques, le diabète et l'obésité sont maintenant synonymes d'asthme. «Les deux vont en parallèle. Plus on est obèse, plus on fait de l'asthme. Plus on perd du poids, moins on fait de l'asthme. Après une chirurgie bariatrique, les gens souvent ne font plus d'asthme.»
La grande majorité des asthmatiques peuvent vivre normalement en suivant leur traitement et en évitant la cause d'allergies dont la présence d'animaux. «Les cas sévères, c'est toutefois très spécial. Ils sont très affectés. Ils ne peuvent pas faire d'exercices. C'est là où on a besoin de plus de recherches», a dit le Dr Boulet.
Il mise sur l'arrivée de nouveaux médicaments pour traiter les cas sévères au cours des prochaines années. «Le futur concernant l'asthme est la prévention et l'éducation sur les traitements. Si quelqu'un sait quoi faire avec ses traitements, en général, il a une vie strictement normale. Il est capable de faire n'importe quoi. Ça n'empêche pas des athlètes d'aller gagner des médailles aux Jeux olympiques.»