C'est l'opinion formulée par Martin Jobin, président des travailleurs du préhospitalier de la région de Québec. «On ne peut pas être contre la vertu», laisse-t-il tomber lorsqu'on lui parle de la pertinence pour la Ville de Québec de mettre sur pied un service de premiers répondants.
«Ça serait bien dans des endroits comme Saint-Augustin. C'est aussi très pratique dans les zones rurales. Cependant, en milieu urbain comme à Québec, je suis moins sûr», laisse-t-il entendre.
M. Jobin rappelle que la formation de premier répondant est de 60 heures, tandis que les ambulanciers paramédicaux étudient pendant trois ans avant de pouvoir exercer leur métier.
«Pour les arrêts cardiaques, ça va. Sauf qu'un premier répondant, ça n'administre pas de médicaments et ça ne fait pas d'injection. Par exemple, s'ils sont avec une personne diabétique, ils vont mettre de l'oxygène et ils vont nous attendre», poursuit-il.
Un service qui a ses limites
Même s'il reconnaît les bienfaits des premiers répondants de Lévis, un ambulancier qui travaille sur la Rive-Sud affirme lui aussi que ce service a ses limites et qu'il ne pourra jamais offrir la même qualité d'intervention que celle des ambulanciers paramédicaux.
«Les premiers répondants, c'est comme mettre un plaster sur un bobo», a illustré celui qui a préféré garder l'anonymat. Il rappelle que le service des premiers répondants de Lévis peut, de temps en temps, être arrêté durant quelques heures pour une ou certaines casernes quand les pompiers de ces mêmes casernes doivent se rendre combattre un incendie.
De plus, les premiers répondants ont beau arriver dans de courts délais auprès d'un malade, il n'en demeure pas moins qu'il faut aussi amener cette même personne le plus rapidement possible à l'hôpital, afin que le personnel de l'hôpital la prenne en charge.
Questionné mercredi, Régis Labeaume n'a pas commenté la sortie de l'ancien investigateur au bureau du commissaire aux incendies André Savard sur la nécessité de mieux utiliser les pompiers de Québec en les formant comme premiers répondants.
«Je n'ai rien à dire sur les premiers répondants», a tranché le maire en marge d'une conférence de presse.