L'an dernier, 41 cas d'infections ont été répertoriés au Québec, dont la majorité dans le sud-ouest de la province. Mais cela ne veut pas dire que la région de Québec sera épargnée cette année.
Selon Richard Vadeboncoeur, biologiste de formation et directeur du développement des affaires chez GDG environnement, une entreprise de Trois-Rivières spécialisée dans le contrôle biologique des populations de moustiques, les conditions sont bonnes pour la prolifération du virus cette année, même à Québec.
Contrairement à la croyance populaire, ce ne sont pas les étés pluvieux qui sont favorables à la transmission du virus, qui se fait par la piqûre de moustiques porteurs aux humains, explique-t-il.
Les étés chauds et secs comme actuellement accentuent l'activité des moustiques, dont l'organisme, à sang froid, est stimulé par la chaleur. Ces conditions favorisent le développement du virus à l'intérieur du moustique.
Et lorsque l'eau se fait plus rare en forêt, les moustiques s'approchent des zones habitées. «Ils chercheront des égouts ou des gouttières pour s'y installer», poursuit-il. Sur 60 espèces de moustiques présentes au Québec, seules 15 peuvent porter le virus du Nil occidental. «Ces espèces estivales sont généralement actives aux mois d'août et septembre», ajoute le spécialiste.
Individus à risque
Les personnes qui contractent le virus n'en subissent généralement pas de conséquences graves. Mais des complications peuvent survenir pour les personnes de 50 ans et plus ou chez les individus ayant un système immunitaire affaibli, selon le communiqué diffusé par le Ministère.
Dans les cas légers, les symptômes peuvent s'apparenter à ceux de la grippe. Un rash bénin ou une enflure des glandes lymphatiques peut aussi se manifester.
Chez les personnes ayant une déficience immunitaire, le risque d'avoir des problèmes comme la méningite, l'encéphalite et la paralysie flasque aiguë est plus grand.
Chez les personnes ayant des maladies plus graves, les symptômes peuvent être l'apparition rapide de céphalées sévères, une forte fièvre, des raideurs au cou, des nausées, de la difficulté à avaler, des vomissements, de la somnolence, de la faiblesse musculaire et de la paralysie.
Le virus du Nil occidental a été observé pour la première fois au Québec à l'été 2000. Il a été isolé en 1937 en Ouganda, dans la région du Nil occidental, en Afrique.