Les dizaines de techniciens de laboratoire de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus s'affairent chaque année à l'analyse de près de cinq millions de prélèvements de toutes sortes, allant de la prise de sang routinière aux procédures surspécialisées, comme le calcul du taux d'antigène prostatique, pour ne nommer que celle-là.
Les nouveaux appareils, complètement automatisés, remplaceront le travail manuel «de 8 à 10 employés», estime le Dr Alain Paradis, chef du département de biologie médicale des hôpitaux de l'Enfant-Jésus et du Saint-Sacrement. Mais «personne ne sera mis dehors», a-t-il toutefois assuré.
«Cela va simplement nous éviter de subir la pénurie de main-d'oeuvre» spécialisée qui sévit actuellement au Québec. L'automatisation du système signifie également moins de manipulations par des techniciens au cours de la procédure d'analyse. On diminue ainsi le risque d'erreur humaine, selon le Dr Paradis. «C'est la sensibilité et la spécificité des résultats qui en sont nettement améliorées.»
Économies
Et c'est le patient qui sera gagnant au bout du compte. Des résultats plus précis permettent aux médecins d'établir le bon diagnostic et ainsi offrir le traitement le plus approprié, poursuit-il. De plus, les délais d'attente seront nettement diminués.
Mais le meilleur est à venir, soutient le Dr Paradis, puisqu'au coût de 4,8 millions $, payés entièrement de la poche du CHU, le projet devrait s'autofinancer d'ici cinq ans. Il devrait même engendrer des économies grâce à l'augmentation de la productivité.
Des propos confirmés par le directeur de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, Jacques Fillion. «Dans cinq ans, nous devrions être en mesure de dégager 1 million $ par année», a-t-il indiqué.
L'argent ainsi économisé permettra de nouveaux investissements et le développement des laboratoires de tous les hôpitaux membres du CHU. Selon ce scénario, le CHU devrait être en mesure de faire face au vieillissement de la population, a fait savoir sa directrice générale, Gertrude Bourdon. «Nous assumerons pleinement notre rôle de laboratoire suprarégional», a-t-elle déclaré. Au cours des dernières années, le volume de travail a augmenté de 4 à 5 % et devrait continuer sur sa lancée.
Le laboratoire de l'Enfant-Jésus desservira tout le territoire couvert par l'Agence, soit la Rive-Nord de Québec, partant de Portneuf jusqu'à Charlevoix. Cela représente un bassin de près de 900 000 personnes dispersées dans 69 municipalités.
Le CHU est le fruit d'une fusion entre le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) et le Centre hospitalier affilié universitaire de Québec (CHA).