Le port obligatoire du casque ne réglera rien, dit Vélo Québec

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Vélo Québec croit qu'il y a plus à gagner en misant sur l'éducation et la sensibilisation, particulièrement dans les écoles primaires.

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Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) L'organisme Vélo Québec ne croit pas que le port obligatoire du casque pour les cyclistes soit la solution pour réduire le nombre de traumatisme craniocérébral (TCC). À son avis, il s'agit d'une fausse piste difficilement applicable qui risque plutôt de réduire considérablement la pratique du vélo comme on l'a observé dans d'autres pays et provinces canadiennes.

Vélo Québec croit qu'il y a plus à gagner en misant sur l'éducation et la sensibilisation, particulièrement dans les écoles primaires, des campagnes publicitaires de la Société de l'assurance automobile du Québec et des interventions policières ciblées.

Le pédiatre du CHUL, leDr Richard Bélanger, réfute l'argument de Vélo Québec voulant que l'obligation du port du casque amène une baisse de la pratique du vélo. «Vélo Québec s'appuie ce qui s'est passé en Nouvelle-Zélande dans les années 90. Or, en Ontario et en Alberta, les expériences récentes n'ont pas conduit à une réduction de la pratique du vélo avec l'obligation de porter un casque», a-t-il affirmé.

À son avis et à ceux de collègues pédiatres de l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal, du Centre hospitalier McGill, du Centre hospitalier pour enfants de Montréal et du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, il est urgent de rendre obligatoire le port du casque pour le vélo chez les moins de 18 ans.

Sensibilisation

«Sans une obligation, le port du casque stagne entre 25 et 40 % chez les adolescents au Québec. Dans les autres provinces, quand il est obligatoire, la proportion augmente. C'est efficace. Il y a à peu près une réduction de 25 % de la mortalité et 85 % des traumas crâniens sévères de moins», a souligné le Dr Bélanger.

Le médecin s'est toutefois dit d'accord avec Vélo Québec, qui préconise des programmes d'éducation et de sensibilisation des cyclistes et des conducteurs de véhicules à la sécurité routière. «Notre position sur le port du casque comprend un programme plus vaste. On rejoint Vélo Québec sur les programmes éducatifs. La sensibilisation est super importante», a-t-il convenu.

Quant au coût du casque qui pourrait être un obstacle à faire du vélo, le médecin a indiqué qu'il était possible de se procurer un casque sécuritaire pour 25$. «Ça peut être dispendieux pour certaines familles. À Sherbrooke, des marchands ont offert des réductions intéressantes sur l'achat d'un casque quand la Ville a rendu le port du casque obligatoire», a dit le pédiatre.

En 2011, 15 cyclistes sont décédés sur les routes du Québec, et103 personnes ont été gravement blessées à la suite d'une collision avec un véhicule, selon le bilan routier de la Société de l'assurance automobile du Québec. Depuis 2006, près de 2200 cyclistes sont victimes de la route chaque année. Le taux d'accidents est quatre fois plus élevé chez les jeunes âgés de 24 ans et moins que chez les plus âgés.

Traumatismes crâniens sévères

Dix-huit cyclistes qui ont subi un traumatisme craniocérébral (TCC) sévère à la suite d'un accident ont été hospitalisés l'an dernier à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus de Québec. De ce nombre, 15 étaient des adultes et 3 avaient 17 ans et moins. On ne déplore aucun décès.

Chez les jeunes, un seul portait un casque lors de l'accident. Parmi les 18 ans et plus, seulement2 cyclistes sur 15 portaient un casque et 8 n'en avaient pas du tout. Pour cinq d'entre eux, on ne peut préciser s'ils portaient ou non un casque.

«Il est possible qu'ils avaient un casque, mais qu'il était attaché à leur sac ou à leur vélo», a indiqué la porte-parole de l'Hôpital,Geneviève Dupuis. Pour tous sports confondus, incluant le cyclisme, 41 personnes ont été hospitalisées à l'Enfant-Jésus l'an dernier à la suite d'un traumatisme craniocérébral sévère ou d'une fracture du crâne. Neuf avaient moins de 18 ans et les32 autres étaient plus âgés. On dénombre malheureusementtrois décès.

Les TCC peuvent aussi provoquer des séquelles importantes tant au niveau neurologique qu'à celui psychologique. Parmi celles-ci, il y a la perte de motricité, d'équilibre, de coordination des membres, des pertes sensorielles, de mémoire et des troubles d'élocution.

Les données fournies par l'Hôpital ne tiennent pas compte de toutes les personnes qui ont subi un traumatisme craniocérébral moins sévère ou une commotion cérébrale en pratiquant un sport et qui ont été retournées à leur domicile après un diagnostic. Elles n'incluent pas les personnes qui ont été hospitalisées dans un autre établissement bien que la plupart des cas graves sont dirigés à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, dont les problèmes neurologiques sont une des expertises.

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