Les médecins préfèrent l'hôpital à la clinique

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e doyen de la Faculté de médecine, le Dr Rénald Bergeron, en compagnie d'une finissante, la Dre Myriam Allard, qui a reçu son diplôme, jeudi, lors de l'assermentation de 219 nouveaux médecins à l'Université Laval.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) Le doyen de la Faculté de médecine de l'Université Laval, le Dr Rénald Bergeron, a reconnu, jeudi, que le difficile accès à un médecin de famille pour plusieurs personnes peut s'expliquer, du moins en partie, au fait que plusieurs d'entre eux travaillent dans les hôpitaux, principalement dans les urgences, au lieu du faire du rendez-vous dans une clinique.

«Le temps que les médecins passent dans les milieux hospitaliers les rend moins disponibles pour la pratique ambulatoire. C'est certainement un des facteurs qui contribuent à diminuer l'accès à un médecin de famille», a-t-il affirmé, jeudi, en marge de l'assermentation de 219 nouveaux médecins dont 112 médecins de famille.

«Si on regarde ce qui se passe dans le reste du Canada, on a proportionnellement beaucoup plus de médecins de famille qui travaillent en milieu hospitalier dans la province de Québec. On a 30 à 40 % des médecins qui sont investis dans une pratique substantielle mais pas totale en pratique hospitalière», a-t-il ajouté.

Selon l'Association des jeunes médecins du Québec, 43 % des heures de travail des médecins de famille seraient faites en milieu hospitalier contre 25 % dans les autres provinces. Durant leurs premières années de pratique, les médecins doivent faire au moins 12 heures de travail par semaine en milieu hospitalier. Environ 2500 médecins de famille ont un poste dans les hôpitaux du Québec.

Le Dr Bergeron estime que l'on doit envisager de nouvelles mesures incitatives pour amener les jeunes médecins omnipraticiens à opter pour la pratique en cabinet afin de retrouver un équilibre entre le travail en clinique et celui en milieu hospitalier. «C'est un équilibre délicat à atteindre parce qu'il faut respecter les choix des individus, tenir compte des besoins de la société», a-t-il dit.

Ce nouvel équilibre doit aussi tenir compte des changements sociétaux. «Les jeunes familles actuellement vivent différemment leur vie de famille par rapport à la façon que nous, on la vivait. Les médecins plus seniors actuellement continuent de travailler 45, 50 voire 60 heures par semaine. Les plus jeunes travaillent aussi beaucoup mais choisissent de travailler différemment. On a des adaptations à faire socialement parlant et ce n'est pas juste négatif, loin de là», a commenté le doyen.

Selon le Dr Bergeron, on se doit aussi de tenir compte des changements dans les besoins de la population en soins de santé. «Les besoins en santé changent avec le vieillissement de la population. Plus on vieillit, plus on a des chances d'avoir des maladies multiples. C'est le problème des maladies chroniques. Ça exige plus de complexité dans le suivi et ça impose une charge plus grande aux médecins. Ces ajustements sont aussi à prendre en compte.»

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