C'est en ces termes que la députée de Taschereau et critique du Parti québécois en santé à l'Assemblée nationale, Agnès Maltais, a commenté, mardi, les propos du ministre de la Santé, Yves Bolduc, sur les conclusions d'un rapport du Centre de santé et de services sociaux de la Vieille-Capitale voulant que la pénurie de médecins de famille à Québec s'aggravera au cours des prochaines années.
«J'ai eu récemment un exemple avec quelqu'un dans ma famille. On lui a donné son congé à l'Hôpital du Saint-Sacrement en avril après une chirurgie et on lui a dit de voir vite son médecin de famille. Elle va le voir en juillet. Ça, c'est la réalité des gens de Québec.
«S'il y a beaucoup de médecins à Québec, comment ça se fait que ça prend trois mois quand tu as déjà un médecin de famille?» a demandé Mme Maltais.
Elle craint particulièrement pour les personnes de la basse ville qui pourraient se retrouver sans médecin avant longtemps. Elle ne croit pas que les médecins en provenance des régions seront suffisants pour répondre à la demande.
«Il y a plusieurs médecins âgés de 50 à 60 ans à Québec qui sont arrivés dans les mêmes années et qui vont partir. Ceux qui viennent à Québec en provenance des régions ne se dirigent pas nécessairement dans les cliniques pour faire du sans rendez-vous. Il arrive aussi qu'ils s'en aillent vers Sillery, Sainte-Foy, dans des zones plus confortables, faire une pratique plus confortable», a-t-elle avancé.
Pour sa part, le député de la Coalition avenir Québec de Chauveau, Gérard Deltell, a également déploré l'attitude du ministre. «C'est très décevant qu'encore une fois le Dr Bolduc ferme les yeux sur la réalité. Ce sont ses propres gens qui lui mettent la réalité en pleine face. Le Dr Bolduc devrait assumer sa responsabilité de ministre. S'il n'est pas content de la réalité qu'il voit, il n'a pas à accuser les gens de ne pas bien faire leur travail», a-t-il affirmé.
«En 2003, a-t-il ajouté, le Parti libéral s'était engagé à régler les problèmes d'accès aux services de santé, particulièrement dans les urgences. Or, neuf ans plus tard, le problème est aussi criant qu'il l'était.»
Personnes âgées
De son côté, le candidat de Québec solidaire dans Taschereau, Serge Roy, a exprimé sa crainte de voir des personnes âgées et celles à faible revenu renoncer à recourir aux services de santé si leur petite clinique médicale ferme ses portes en raison de la retraite des médecins.
Par ailleurs, le Dr Alain-Philippe Lemieux, directeur général adjoint au CSSS de la Vieille-Capitale, ne partage pas le point de vue du ministre de la Santé voulant que les médecins en provenance des régions seront suffisants pour remplacer ceux qui partiront à la retraite.
«Sur cinq ans, avec l'attrition qu'on prévoit, ce ne sera pas suffisant pour pallier au manque. Ce ne sont pas tous les médecins qui reviennent des régions qui vont faire de la clinique. Certains vont aussi réduire leur temps de travail», a-t-il affirmé.
Le CSSS propose que l'on augmente le nombre de médecins autorisés à pratiquer à Québec pour répondre au départ prochain à la retraite de plusieurs médecins. Le Dr Lemieux a soutenu que le ratio de médecins de famille par habitant est maintenant supérieur dans certaines régions à celui que l'on retrouve à Québec.