«C'est strictement faux de dire qu'il y a des docteurs qui prendront leur retraite et qu'on ne sera pas capable de les remplacer. Au contraire, la pénurie va se résorber avec l'arrivée de plus de nouveaux médecins. Il n'y a pas de problème», a-t-il commenté, lundi, à la suite de la publication d'un article du Soleil sur les risques liés au départ à retraite de médecins.
Comme par les années passées, le Dr Bolduc mise sur les médecins qui reviendront d'autres régions du Québec pour remplacer ceux qui se retireront au cours des prochaines années au lieu de permettre à plus de médecins finissants de s'établir à Québec.
«Québec a sa juste part avec le retour de médecins des régions. En général, ces médecins ont plus tendance à voir des patients dans un cabinet que de travailler dans un hôpital. Le médecin qui arrive de la Gaspésie est habitué à voir plus de patients que celui qui commence. Québec est relativement avantagé. Ils reçoivent des médecins d'expérience.»
D'autre part, il n'envisage pas de revoir le modèle de répartition des médecins par région et d'augmenter le nombre de permis de médecins dans la région de Québec. «La place où il y a le plus de médecins per capita, c'est à Québec», a souligné le ministre qui participait, lundi, à Boston, à une mission économique pour inciter des entreprises à investir au Québec dans le domaine des biotechnologies.
Il est d'accord avec le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, à l'effet que d'augmenter le nombre de permis à Québec désavantagerait d'autres régions.
Plus de jeunes médecins
Par ailleurs, avec l'augmentation du nombre d'étudiants en médecine, le Dr Bolduc prévoit que plus de finissants en médecine pourront entreprendre leur pratique à Québec au cours des prochaines années.
Sans remettre en cause la nécessité de conserver des mesures pour amener des jeunes médecins en région, au CSSS de la Vieille-Capitale, on croit qu'il est maintenant temps d'assouplir certaines de ces mesures pour avoir du sang neuf à Québec.
«J'ai travaillé en région longtemps. On s'est battu effectivement dans les années 75-80 pour modifier la capacité d'attraction des régions, avoir des avantages, créer des obligations jusqu'à un certain point pour que les médecins qui finissent viennent en région. Mais il y a un équilibre à avoir. Là, on est rendu de l'autre côté», a affirmé le Dr André-Philippe Lemieux, directeur général adjoint au CSSS de la Vieille-Capitale.
«Il y a un déséquilibre qui est bien démontré. C'est sûr que la région de Montréal pourrait dire que nous autres aussi on a besoin de jeunes médecins. La Montérégie aussi. Il y a d'autres régions qui sont en souffrance. On en convient. Mais si vous allez en Gaspésie, vous allez être surpris, même sur la Côte-Nord, il y a certaines fragilités dans des secteurs mais en médecine de famille, ils s'en tirent bien. Le ratio de médecins par têtes d'habitants est même supérieur à Québec», a-t-il soutenu.