Infections dans les hôpitaux: la déclaration obligatoire des décès demandée

Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) Des groupes représentant des milliers de malades et d'usagers du système de santé ainsi que des professionnels demandent plus de transparence des administrations hospitalières. Ils veulent que tous les décès causés par une infection dans un hôpital ou un centre d'hébergement de soins de longue durée fassent l'objet d'une déclaration obligatoire.

Dans une lettre au ministre de la Santé Yves Bolduc, on demande que tous les cas d'infections acquises dans un milieu de soins soient déclarés obligatoirement. En 2005, on évalue que 90 000 patients ont contracté une infection dont le C. difficile dans les seuls hôpitaux du Québec et que 4000 en sont décédés. «Une personne sur 10 qui est hospitalisée au Québec développera une infection. Dans les centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD), ce serait pire, mais on n'a aucune donnée», a affirmé, hier, le président de l'Association des victimes d'infections nosocomiales, le Dr Jacques Besson, signataire de la lettre.

À son avis, la déclaration obligatoire incitera les établissements et le ministère de la Santé à accorder une plus grande attention aux causes des infections nosocomiales, évitables dans la majorité des cas. Il a donné en exemple le nouveau registre sur les incidents et accidents dans la santé au Québec mis sur pied pour améliorer la prestation de soins.

«Derrière chacun de ces chiffres, des drames humains sont trop souvent occultés: des deuils, des souffrances, des douleurs, des troubles émotifs et des faillites financières. On publie les taux de mortalité, mais on ignore les victimes qui endurent leurs infections pendant des semaines, des mois, voire des années et celles qui deviennent invalides et sans ressource», peut-on lire dans la missive.

Meilleure hygiène

On indique que 27 États américains ont voté des lois pour obliger la collecte de données sur les infections en milieu hospitalier. Parmi les mesures pour réduire les infections, on demande qu'il y ait uniquement des chambres pour une personne dans les hôpitaux, une meilleure hygiène et une propreté accrue et l'ajout de personnel.

«Les infections causent des hospitalisations plus longues et des coûts énormes que l'on pourrait éviter. Les coûts des mesures de prévention sont nettement moins élevés que les coûts de soins et d'hospitalisations engendrés par les infections», dit le Dr Besson.

Parmi les signataires de la lettre, on trouve les présidents du Conseil pour la protection des malades et de la Coalition Priorité Cancer du Québec, Me Paul Brunet et le Dr Pierre Audet-Lapointe, les dirigeants de plusieurs comités d'usagers et l'avocat Jean-Pierre Ménard, bien connu pour représenter des patients. Au cabinet du ministre Bolduc, on a indiqué qu'on évaluait la possibilité d'inclure les infections et les conséquences de ces infections dans le registre des incidents et des accidents survenus dans les établissements de santé.

On a rappelé que des mesures ont été prises pour réduire les infections en milieu hospitalier par la mise en place d'un système de surveillance et de la déclaration de certaines infections, dont le C. difficile.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer