«Des organismes, des programmes, des ressources sont nécessaires pour que nos aînés vieillissent en sécurité, dans le respect et la dignité qu'ils sont en droit d'exiger», a exprimé Micheline Anctil, présidente de la Table régionale de concertation des aînés de la Côte-Nord. «La maltraitance est inacceptable, et il est de notre devoir à tous d'exercer notre vigilance, de savoir reconnaître les situations, de briser le silence et de les dénoncer.»
Le plan d'action vise plusieurs objectifs, dont l'information et la sensibilisation aux situations de maltraitance physique, psychologique, financière ainsi que la négligence.
«Il faut s'assurer que la personne dans le besoin puisse obtenir rapidement les services requis tout en étant accompagnée dans ses démarches. Cela peut notamment se traduire par une prise en charge au centre de santé et de services sociaux», a indiqué Marie-Josée Dufour, chef de service des ressources non institutionnelles à l'Agence de la Côte-Nord, qui précise que les problèmes les plus fréquents en région concernent la maltraitance financière et l'isolement des aînés.
Un volet de formation fait aussi partie du plan d'action régional. Des agents multiplicateurs seront présents dans tous les centres de santé et de services sociaux afin d'outiller le plus d'intervenants possible pour reconnaître les situations de maltraitance. Les organismes communautaires recevront également cette formation sur la maltraitance, qui toucherait selon les statistiques entre 4 et 7% des aînés, ce qui représente près de 1000 personnes sur la Côte-Nord.
La force de dénoncer
Il faudra de plus amener les principaux intéressés à dénoncer les situations qui les frappent. Plusieurs personnes âgées préféreraient encaisser plutôt que s'ouvrir aux autorités compétentes et ainsi se retrouver isolées de leur milieu.
«Souvent, les aînés ne veulent pas entraîner l'arrestation de membres de leur famille, qui sont souvent les seuls à aller les voir», a souligné la porte-parole régionale de la Sûreté du Québec, Nathalie Girard. «Les gens ont peur du processus de judiciarisation, mais ce n'est pas toujours le cas.» Les policiers peuvent donc intervenir sans nécessairement que le dossier se retrouve devant les tribunaux.
Il est possible de consulter le plan d'action pour contrer la maltraitance envers les aînés sur le site de l'Agence de la santé de la Côte-Nord au www.agencesante09.gouv.qc.ca.