Le député de Mercier et cochef de Québec solidaire, Amir Khadir, déposera cet après-midi le projet de loi créant Pharma-Québec, «une entreprise publique d'acquisition, de recherche et de production de produits pharmaceutiques».
Le projet de Québec solidaire s'inspire d'un modèle créé en Nouvelle-Zélande. À la clé, quelque 2 milliards $ d'économies potentielles par année, assurera le parti dans quelques heures.
Le règlement de l'Assemblée nationale permet aux députés de l'opposition de présenter des projets de loi. Mais le parti au pouvoir est libre ou non de les soumettre au Parlement pour discussions, ce qu'il ne fait jamais en général.
Si les élus de l'opposition en déposent tout de même, c'est surtout pour passer des messages politiques; pour signifier à la population que tel ou tel engagement qu'ils portent est sérieux au point de l'avoir consigné dans un projet de loi.
Régime d'assurance
«Pharma-Québec serait un pôle public de production de médicaments génériques, qui ferait concurrence à des entreprises privées. Ça aurait pour effet de faire baisser les prix» des médicaments, a déjà dit l'autre cochef de Québec solidaire, Françoise David.
Pharma-Québec serait «aussi un régime universel d'assurance médicaments, ce qui veut dire que tout le monde serait assuré avec l'État et que celui-ci deviendrait un acheteur important de médicaments prescrits».
Cette situation lui conférerait «un meilleur rapport de forces avec l'industrie pharmaceutique», pense encore Françoise David. Lors d'une entrevue au Soleil, il y a 18 mois, Mme David avait dit souhaiter qu'un débat politique de fond s'ouvre au moment du dépôt de la proposition.
Mais pourquoi le présenter maintenant, alors que l'Assemblée nationale entrera en période de relâche estivale à la fin de la présente semaine? La question est restée sans réponse précise, lundi.
Ce que l'on doit comprendre, semble-t-il, est que Québec solidaire veut s'appuyer sur ce projet pour mener une campagne politique - au sens propre du terme - et partir en campagne électorale.