Selon le syndicat des travailleurs du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Vieille-Capitale, il manquerait environ 80 préposés pour donner des soins de base adéquats aux personnes âgées dont celui de donner le bain une fois par semaine à tous les bénéficiaires. Le manque d'effectifs forcerait les préposés à donner les repas rapidement aux personnes hébergées.
Le syndicat s'appuie sur une étude menée par une firme comptable (MCE Conseils) qui conclut que le temps de soins accordé aux personnes âgées dans les CHSLD Louis-Hébert, Saint-Antoine, de l'Hôpital général, Notre-Dame-de-Lourdes, du Faubourg, du Sacré-Coeur, de Limoilou et du Christ-Roi est inférieur à la moyenne provinciale. Au CSSS de la Vieille-Capitale, le temps de soin des préposés aux bénéficiaires est de 1,66 heure par patient par jour comparativement à la moyenne de deux heures pour l'ensemble des CHSLD du Québec. On estime qu'il en coûterait entre 2 et 3,5 millions $ pour ajouter du personnel dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée de Québec.
«Il faut voir la pression quand on est devant un bénéficiaire, et qu'on se dit que c'est peut-être sa mère qui est là, et que les soins qui sont apportés ne sont pas ceux qu'elle est en droit d'avoir», a dit le président du syndicat, Jacques Guérin.
Selon un conseiller en finance et en administration de la firme MCE Conseils, Benoit Bachand, la situation au CSSS de la Vieille-Capitale est un cas d'exception. «Il n'y a pas beaucoup de CSSS au Québec qui ont un sous-financement des heures de soins des préposés aux usagers», a-t-il dit.
Devant le refus du CSSS de corriger la situation, le syndicat qui est appuyé par le Conseil central de la CSN des régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches a demandé l'intervention de l'Agence régionale de la santé afin d'assurer des soins et des services adéquats aux aînés.
Allégations réfutées
Le CSSS de la Vieille-Capitale a réfuté les allégations du syndicat voulant que les personnes âgées ne reçoivent pas les soins de base adéquats dans les CHSLD. «Au lieu de faire comme d'autres CSSS, nous avons préféré donner plus de soins infirmiers et d'avoir une infirmière de nuit dans nos centres d'hébergement au lieu d'avoir plus de soins d'assistance», a expliqué le directeur de l'hébergement au CSSS, Robert Gagné.
Depuis quatre ans, les heures de travail de l'ensemble des préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD du CSSS ont augmenté de 28 %, a plaidé M. Gagné, portant le nombre d'heures de soins d'assistance par jour par personne âgée à 1,78.
Il a déploré le refus du syndicat de transformer des postes à temps partiel en postes en temps complet ou presque pour embaucher de nouveaux employés et résoudre le problème de pénurie de préposés aux bénéficiaires. «Nous avons un problème de stabilité du personnel. En créant ces nouveaux postes, cela permettrait de régler le problème et de ne pas faire affaire avec des agences de placement», a-t-il expliqué.
En outre, M. Gagné a soutenu qu'il est faux d'affirmer que les personnes hébergées n'ont pas un bain thérapeutique une fois par semaine. «Il peut arriver que le bain soit retardé d'une journée parce qu'il y a un manque de personnel un dimanche durant l'été mais il n'est pas reporté à la semaine suivante ou le mois suivant», a-t-il certifié.