Boissons sucrées et obésité: les étalages montrés du doigt

Suzie Pellerin, directrice de la Coalition Poids, dénonce ... (Photothèque Le Soleil)

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Suzie Pellerin, directrice de la Coalition Poids, dénonce  la «mise en marché agressive» dont bénéficient les breuvages sucrés auprès des enfants et adolescents.

Photothèque Le Soleil

(Québec) La Coalition Poids demande aux décideurs de l'industrie et aux gouvernements de limiter la disponibilité et la visibilité des boissons sucrées, particulièrement dans les lieux fréquentés par les jeunes.

Le regroupement rassemblant plus d'une centaine d'organisations préoccupées par le problème de l'obésité publiait mardi le troisième volet de son étude intitulée Les dessous du marketing des boissons sucrées. Celui-ci en souligne l'omniprésence «dans les supermarchés, dépanneurs, machines distributrices, stations-services, restaurants, cinémas, arénas, centres sportifs, écoles, universités, hôpitaux, pharmacies, gares, parcs», etc.

Suzie Pellerin, directrice de la Coalition, dénonce également la «mise en marché agressive» dont bénéficient ces boissons auprès des enfants et des adolescents.

En entrevue téléphonique depuis Montréal, où a eu lieu la conférence de presse, Mme Pellerin invite les consommateurs à constater par eux-mêmes la multiplicité des lieux où on les retrouve. C'est la raison pour laquelle la Coalition souhaite ouvrir un dialogue avec les détaillants pour les sensibiliser à l'importance d'un étalage responsable.

Le mouvement a aussi un autre groupe dans sa mire, celui de la restauration rapide. «Pourquoi offre-t-on systématiquement des boissons gazeuses? Pourquoi pas des breuvages plus santé aussi?» demande-t-elle.

Ces derniers mois, des municipalités ont banni la vente de boissons énergisantes dans leurs arénas. «On constate que ces boissons sont souvent le premier pas, et on invite les municipalités à poursuivre leur démarche en revoyant leur offre alimentaire.»

Mais finalement, dit-elle, une partie de la démarche serait simplifiée si le gouvernement provincial interdisait la vente de boissons énergisantes aux mineurs. C'est aussi ce que demande l'Association pour la santé publique du Québec, qui se dit préoccupée de leur consommation par les jeunes, en raison des quantités importantes de caféine qu'elles contiennent.

La directrice ajoute que les gouvernements provincial et fédéral devraient aussi avoir un comportement exemplaire en interdisant la vente de boissons sucrées dans les établissements sous leur juridiction, tels les écoles et les hôpitaux.

Conclusions contestées

L'Association des embouteilleurs de boissons gazeuses du Québec conteste bien sûr ces conclusions. Le porte-parole Martin-Pierre Pelletier ne croit pas que ces boissons en particulier soient plus omniprésentes que les eaux et jus de fruits vendus par les mêmes détaillants, et on ne retrouve pas de boissons gazeuses dans les écoles québécoises, plaide-t-il.

Par ailleurs, la consommation des boissons gazeuses a diminué de 30 % en 10 ans, et le tiers de ce qui est vendu est à teneur réduite ou nulle en calories. «Les consommateurs ont changé leurs habitudes», dit-il. Il affirme également que les boissons énergisantes, bien qu'en forte progression, sont loin de les avoir remplacées en volume.

Dans les deux premiers volets de l'étude, la Coalition Poids a traité des produits eux-mêmes, notamment les eaux vitaminées qui contiennent beaucoup de sucre, et des prix très bas pratiqués par l'industrie. L'ensemble du dossier peut être consulté à l'adresse www.cqpp.qc.ca.

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