«On a vraiment eu une hausse des appels depuis cet événement. Des gens dont un des membres de la famille est schizophrène sont inquiets et veulent plus d'information. Il y a des gens qui sont en détresse et qui ont peur», confie Lucie Couillard, directrice du SSM.
Mme Couillard, dont la fille est atteinte de schizophrénie, déplore du même coup le manque d'appui des psychiatres quand une personne atteinte se trouve en crise.
«Le problème, c'est qu'à cause de la loi P-38 [Loi sur l'hospitalisation forcée], les ailes psychiatriques des hôpitaux ne peuvent garder les personnes qui ne veulent pas se faire soigner», explique-t-elle, citant un cas survenu en novembre.
«Une femme s'est présentée chez nous avec son fils schizophrène itinérant depuis sept ans. Nous sommes allés voir la police, qui était prête à collaborer. Nous l'avons envoyé à l'hôpital, mais ils ne l'ont gardé que 20 minutes, car il ne voulait pas se faire soigner. Ils lui ont même donné des billets d'autobus pour retourner à Beloeil. Il y a un mois, il a été arrêté de nouveau pour avoir volé dans un dépanneur», raconte Mme Couillard.
Toxicomanie
Celle-ci mentionne également le cas des patients qui ont à la fois un problème de santé mentale et un problème de toxicomanie. «Quand ils sont en psychose et qu'ils ont pris de la drogue, les hôpitaux ne veulent pas les soigner! C'est déjà arrivé à ma fille, ils lui ont dit de s'en aller parce qu'elle avait consommé.»
Dans le cas du drame de Saint-Romain, plusieurs proches de l'accusé Pascal Morin avaient mentionné qu'en plus de ses problèmes de santé mentale, il était aux prises avec un problème de consommation de drogue. «Ce n'est pas compliqué, il faut modifier la loi P-38, et ça presse! Il faut rendre cette loi plus maniable de façon à ce que, quand des personnes sont inaptes à prendre des décisions, qu'on puisse les obliger à se faire soigner et à prendre leur médication», indique la directrice.
La dame, qui travaille depuis 11 ans auprès des familles de personnes atteintes de schizophrénie, constate également une hausse du nombre de cas depuis quelques années. «Il y a plus de cas, et les cas sont plus lourds. Je rencontre des parents et des conjoints qui sont en détresse, car leur fils ou leur époux a des problèmes et que l'hôpital ne les garde pas et, maintenant, ils craignent qu'un drame survienne aussi dans leur famille», conclut-elle.