La CTAQ amorce cette semaine une série de rencontres avec l'Agence de la santé de la Capitale-Nationale pour lui exposer l'urgence de la situation.
«En 2009, nous avions demandé six permis [ambulances] de plus et l'Agence nous en avait accordé quatre. Ça a bien été un certain temps, mais nous remarquons que la marge de manoeuvre que nous avions gagnée diminue encore. C'est fréquent qu'on se retrouve avec seulement une, ou même plus du tout, ambulance disponible pour répondre aux appels à certains moments de la journée», explique le directeur des opérations de la CTAQ, Marc Munger.
La CTAQ dispose de 26 véhicules dans la capitale. Il y a jusqu'à 18 ambulances sur la route aux heures de pointe et 9 dans les moments où le service est moins sollicité. Les négociations qui s'amorcent visent à en ajouter quatre ou cinq. La coopérative a fait réaliser une étude démographique pour appuyer ses prétentions.
«L'étude nous projette jusqu'en 2024. À cette date, on prévoit que le nombre de personnes de 60 ans et plus aura doublé. À partir de cet âge, la possibilité qu'une personne utilise le service d'une ambulance augmente.» De plus, la population de la région devrait avoir augmenté de 7,7 %. Le nombre requis d'ambulances devra être de 34.
La coopérative évalue à 5 % la croissance annuelle du nombre d'appels. En 2010-2011, il était de 48 200 et devrait être d'au moins 50 000 cette année. Plus encore, le nombre de transports effectués connaît une hausse constante. Il était de 41 000 l'an passé et dépassera les 44 000 cette année.
«Lorsqu'on répond à un appel, mais que la personne ne se rend pas à l'hôpital, ce n'est pas considéré comme un transport. L'Agence de la santé nous demande d'appliquer davantage la politique qui vise à réduire le plus possible le nombre d'appels annulés», explique M. Munger. De 10 000 en 2009-2010, il devrait passer à 5000 cette année.
Approche différente
«Il faut aussi tenir compte du fait qu'un transport prenait environ une heure dans les années 80. On faisait ce qu'on appelait du load and go. Le but était d'emmener le patient à l'hôpital le plus vite possible. Aujourd'hui, on lui apporte des soins. Le transport peut durer autour d'une heure et demie.
«Une autre problématique vécue à Montréal depuis plusieurs années a vu le jour il y a environ deux ans à Québec. Nos gars restent parfois jusqu'à deux heures à l'urgence des hôpitaux. Ils doivent attendre qu'une place se libère pour transférer le patient de la civière à un lit», précise le directeur.
M. Munger sait que le résultat des négociations avec l'Agence de la santé dépend en grande partie du budget disponible. Les ambulances réclamées pourraient tarder à prendre la route. Il espère que l'étude réalisée par le Groupe Créatech servira d'argument convaincant auprès des autorités.