Des écoliers «mal vaccinés»

Les enfants reçoivent deux doses du vaccin contre... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Les enfants reçoivent deux doses du vaccin contre la rougeole. Mais ceux qui ont eu la première injection avant l'âge de 12 mois sont considérés comme plus à risque d'attraper la maladie.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Sylvain Desmeules, collaboration spéciale
Le Soleil

(La Malbaie) Des centaines d'enfants doivent - ou ont dû - recevoir, contre toute attente, une troisième dose de vaccin contre la rougeole alors que le protocole de la Direction de santé publique en prévoit depuis 1989 seulement deux. Pour avoir une explication, il faut toutefois remonter au premier anniversaire de naissance de la personne vaccinée.

Les écoles secondaires de Charlevoix ont été visitées, et des élèves ont reçu la troisième dose du vaccin; les écoles primaires devraient être visitées bientôt.

La campagne de rattrapage de la rougeole, tenue dans les écoles secondaires en décembre et dans celles du primaire en janvier, vise un objectif de vaccination de 95 % de la population sur le territoire de la Capitale-Nationale. Mais si votre enfant a reçu son premier vaccin contre la rougeole avant la date de son premier anniversaire, ne serait-ce qu'une seule journée avant, il est considéré, par les autorités du ministère de la Santé, comme «plus à risque de faire de la rougeole», explique la Dre Geneviève Tremblay, responsable du programme d'immunisation à la Direction régionale de santé publique.

L'administration du vaccin, quelques jours avant le premier anniversaire, serait donc une erreur. Pendant toutes ces années, sur la base de l'argumentaire scientifique, ces enfants étaient plus à risque, mais sans le savoir. «Nous n'avons pas de données qui nous disent que le vaccin est aussi efficace avant l'âge de 12 mois. Mais on sait qu'une personne sera plus à risque de faire de la rougeole quand elle a reçu le vaccin avant l'âge d'un an... On connaît bien le vaccin et administrer une troisième dose ne pose pas de problème sur le plan médical», assure la Dre Tremblay.

Rattrapage... au choix

Ces personnes «mal vaccinées» sont aussi ciblées par la campagne de rattrapage. «La question d'une période de grâce a été évaluée... Nous regardons ça d'un point de vue populationnel, et la position de Santé publique a toujours été la même depuis 1989», dit-elle. La Santé publique recommande d'administrer deux doses de vaccin, dont la première au jour du premier anniversaire ou après.

Comme le souligne Mme Tremblay, les gens ont le choix ou non de recevoir cette troisième dose. Mais dans le cas d'une épidémie déclarée, l'enfant risque d'être retiré de façon préventive de l'école pendant plusieurs semaines, ce qui influe sur le choix des parents.

Combien d'enfants et d'adolescents sont dans cette situation? Impossible à dire avec précision. «Le logiciel ne nous permet pas de savoir le nombre», admet la Dre Tremblay. L'analyse de quelques écoles lui permet toutefois d'évaluer ce nombre à moins de 1 % des 11 250 jeunes visés par la campagne, soit autour de 750 vaccinés trop tôt étant bébé, entre Charlevoix et Portneuf.

Ce qui a été une surprise pour bien des parents ne diminue pas cependant l'objectif louable de la campagne de rattrapage, qui vise à protéger un maximum de jeunes contre la rougeole. Il faut rappeler que les deux tiers des cas déclarés concernent des jeunes de 10 à 19 ans.

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