Matthieu Lachance était étudiant au programme d'architecture de l'Université Laval quand il a participé aux ateliers de maîtrise, sous la direction de François Dufaux, entre 2005 et 2007. Le projet portait sur le monastère des Augustines et l'hôpital de L'Hôtel-Dieu de Québec.
«Dans mon groupe, on avait creusé le projet d'agrandissement de l'hôpital. Quatre équipes avaient étudié différents scénarios : avec ou sans la tour, avec une partie de tour, etc. Les seuls scénarios qui marchaient étaient ceux où on se débarrassait de la tour pour revenir au quadrillage du vieil hôpital.»
«On s'est rendu compte qu'avec la tour, on ne pouvait pas organiser l'agrandissement de façon efficace, parce qu'elle a été implantée en diagonale, en contradiction avec l'ensemble.»
Labyrinthe
Vue de l'intérieur, dit-il, la tour est un labyrinthe. «Elle se connecte très mal sur les bâtiments existants, et à l'extérieur c'est un peu n'importe quoi... Ce n'était pas une solution habile à l'époque, voilà 50 ans. Au lieu de régler le problème aujourd'hui, on rajoute une couche qui va coûter tellement cher qu'on ne pourra plus jamais le régler. On lui construit un véritable sarcophage!»
Le résultat est un hôpital qui tourne le dos au jardin et au monastère, au lieu de faire de sa cour intérieure un point focal, déplore-t-il. Pourtant, les travaux des étudiants montraient qu'en revenant au plan d'origine, en damier, il était possible d'obtenir les superficies voulues par l'hôpital, tout en récupérant les Nouvelles Casernes.
«À force d'étudier les problèmes posés par l'agrandissement, on s'est rendu compte que le plan élaboré dès le début du régime français était le mieux adapté à son milieu.»
Selon le jeune stagiaire en architecture, c'est comme si le projet d'agrandissement actuel faisait fi de l'histoire. «En 1955, la construction de la tour avait provoqué une réflexion qui a mené à l'arrondissement historique. Et en 2012, on ne peut pas appliquer cette même réflexion à l'édifice qui l'a provoquée. On a l'impression qu'on ne peut pas y toucher. C'est presque tabou d'en parler.»