D'ici le printemps, Solution Charlevoix (un consortium de firmes) aura évalué le coût de construction des deux hôpitaux. Le chantier pourrait avoisiner les 150 à 200 millions $.
«Il n'y aura pas de contraintes budgétaires qui viendront ralentir le projet», a promis le ministre Yves Bolduc, plus tôt en juillet.
Il faut se rappeler que les deux établissements ont été jugés vulnérables à de forts séismes en septembre 2010. Pour Baie-Saint-Paul, il faut reconstruire d'ici 2015.
Pour La Malbaie, même avec un déménagement annoncé, le bâtiment doit être réhabilité au coût de 10 millions $. Dans ce dernier cas, un litige judiciarisé entre la Ville de La Malbaie et le Centre de santé et de services sociaux de Charlevoix (CSSS) retarde le chantier. On attend la décision du juge sur l'attribution ou non du permis de construire.
Mais la future organisation des services en santé ne plaît pas totalement. La Coalition pour la survie de l'hôpital de La Malbaie s'insurge de la disparition des lits en gériatrie active et des examens de mammographie.
Services à maintenir
«L'ensemble du plan clinique est un bon travail et ça respecte l'esprit de ce que le ministre avait dit, mais pourquoi mettre en péril le recours à ces deux services? Il n'y a pas d'économies à faire, alors laissons les clientèles vulnérables tranquilles», insistait le porte-parole de la Coalition, Jacques Tremblay.
Le mouvement Sauvons l'hôpital de Baie-Saint-Paul, né pour s'assurer d'une reconstruction, a maintenant un autre cheval de bataille : le statut de traumatologie primaire. Le ministère de la Santé a choisi de retirer ce statut, déviant les ambulances vers Québec en situation de traumatisme grave.
«Tout ce que nous avons, ça démontre l'importance de maintenir les services de traumatologie et que le contraire aurait des conséquences désastreuses. On pense que le dossier a été mal documenté pour en arriver à la décision de le retirer», fait valoir le porte-parole Gilles Bouchard, qui exige un moratoire de quatre ans sur la question.
La région sismique la plus active
La région sismique Kamouraska-Charlevoix, la plus active dans l'est du pays, est connue pour être le théâtre de plus de 151 tremblements de terre par année. En 2011, on a enregistré 149 séismes, dont 8 ressentis par les populations. Le plus important est survenu le 29 novembre, un séisme de magnitude 3,4 sur l'échelle de Richter, localisé à 13 kilomètres au sud-ouest de La Malbaie.
Mais pour craindre pour l'écroulement des hôpitaux, il faudrait un tremblement de terre de plus de 6. Il faut remonter en février 1925 pour retracer une réelle menace, un séisme de 6,2. Si les hôpitaux ont été les premiers concernés par la menace sismique, le milieu de l'éducation a suivi.
Trop dispendieuse à sécuriser, l'École Thomas-Tremblay sera démolie. On agrandira l'École Forget, située à moins d'un kilomètre, pour accueillir 115 élèves. Le chantier est évalué à 2,2 millions $.
La Ville de Baie-Saint-Paul a demandé un statut particulier pour contrer le négativisme qu'engendre ce fameux risque sismique. Déjà, sur le plan architectural, la fragilité des sols influence le coût des constructions. On sait, par exemple, que Le Massif a dû ajouter des travaux qui se comptent en millions de dollars pour construire son hôtel.