Obésité au Québec: «alarmant»

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Les nombreux cas de personnes avec un surplus de poids se sont traduits par une forte augmentation du diabète.

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(Québec) Le nombre de personnes obèses au Québec continue toujours d'augmenter. Ce constat est jugé alarmant par le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Alain Poirier, dans un rapport rendu public mercredi. En 2010, on comptait près d'un million de Québécois obèses.

«On est meilleurs que les Canadiens, et les Canadiens sont meilleurs que les Américains, mais on n'a pas à se réjouir parce qu'on suit la même courbe d'augmentation de l'obésité qu'eux», a commenté au Soleil le Dr Poirier.

Les nombreux cas de personnes avec un surplus de poids se sont traduits par une forte augmentation du diabète. Depuis le début des années 2000, il y a 50 % plus de personnes souffrant de diabète, sans tenir compte du vieillissement de la population. Près d'un demi-million de Québécois sont affligés de ce problème de santé. Cette maladie engendre 4400 hospitalisations et 1500 décès par année.

Sans négliger l'importance de bouger, de faire de l'exercice, le Dr Poirier privilégie une approche pour modifier l'alimentation. «Si on veut vraiment renverser la courbe croissante de l'obésité, il faut regarder du côté de l'offre alimentaire. Les vrais changements à long terme, c'est ce qu'on va offrir aux gens de façon agréable», a-t-il affirmé.

Des premiers échanges ont eu lieu entre des ministères et des représentants de l'industrie alimentaire pour voir ce qu'il serait possible de faire pour améliorer l'offre de produits alimentaires.

«Ce n'est pas pour menacer l'industrie, mais pour faciliter les choix santé. Si on m'offre des frites tous les jours à la cafétéria, je vais les prendre. Mais si on m'offre une belle salade avec des fruits et des légumes, je vais les prendre. Il faut renverser cette offre aux Québécois où ils sont, que ce soit à la garderie, à l'école, à l'aréna municipal, dans les milieux de travail, dans les épiceries.»

Marcher plus

À son avis, l'utilisation du transport est un autre moyen pour lutter contre les calories excédentaires. «Les dépenses en calories au domicile et au travail ont diminué. On ne pense pas qu'on peut changer ce phénomène. Par contre, on peut changer au niveau de nos déplacements. On peut encourager un mode de vie physiquement actif avec la marche, le transport en commun. En moyenne, les gens marchent 30 minutes par jour quand ils prennent le transport collectif», a-t-il affirmé.

Le médecin demeure conscient que beaucoup d'efforts devront être faits pour freiner la montée de l'obésité. «Ça ne se fera pas en claquant des doigts», a-t-il admis.

Le directeur national de santé publique s'est toutefois réjoui de l'amélioration du portrait de santé global des Québécois. «Un indicateur qui frappe toujours et qui a été la première cause de décès au Québec, ce sont les maladies cardiovasculaires. Ça continue de diminuer, et on est les meilleurs au Canada pour notre taux de maladies cardiovasculaires», a-t-il souligné.

Le Dr Poirier a noté la hausse des cas de cancer du poumon chez les femmes. «Les femmes ont commencé à fumer après les hommes. Elles sont encore dans la montée du cancer du poumon parce que c'est 20 ans après qu'on observe les cancers du poumon, des bronches, de la trachée. Chez les hommes, ces cancers sont en diminution bien qu'ils soient encore plus nombreux que chez les femmes.»

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