L'opération au genou d'une résidante de Ste-Foy reportée à trois reprises

Geneviève Perrault, que l'on voit sur la photo... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Geneviève Perrault, que l'on voit sur la photo accompagnée de sa fidèleCiboulette, craint que la longue attente avant d'être opérée n'aie endommagé encore plus son genou et que la pose d'une prothèse complète soit nécessaire.

Le Soleil, Caroline Grégoire

(Québec) «Je n'ai plus de vie. Je ne sais plus quoi penser. Je ne sais pas si la prochaine fois sera la bonne.»

Geneviève Perrault du secteur de Sainte-Foy est dans l'attente d'une opération pour lui insérer une prothèse partielle au genou gauche, à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, depuis des mois, bien au-delà du délai maximum de six mois prévu dans la loi. Ses rendez-vous à la salle d'opération ont été annulés et reportés à au moins trois reprises.

En désespoir de cause, elle a communiqué avec Le Soleil pour faire part du cauchemar qu'elle vit depuis plus d'un an. «Un cri du coeur comme une bouteille à la mer», a-t-elle écrit dans son message.

«C'est mon mari qui fait toutes les commissions, qui fait à manger. Si je l'aide, je le fais pendant 10 minutes et je dois m'asseoir à cause de la douleur. Je ne suis pas capable de rester debout. Aux quatre heures, je dois prendre deux comprimés d'aspirine extra-fort en plus du Celebrex [médicament anti-inflammatoire] depuis le mois de juin», a-t-elle raconté.

Elle doit continuer de faire enlever de l'eau ou du liquide synovial dans son genou, dont le cartilage est disparu. «Je serais due pour y aller. C'est toujours des délais. Il faut attendre un mois et demi avant d'avoir un rendez-vous avec le rhumatologue. Il y a de quoi devenir à moitié folle», a dit Mme Perrault.

Si elle doit sortir à l'extérieur, elle marche avec une canne. Elle s'est procuré une vignette pour handicapé. «Heureusement que je ne suis pas obligée de travailler pour vivre, contrairement à d'autres personnes souffrantes.»

Elle craint que la longue attente avant d'être opérée n'ait endommagé encore plus son genou et que la pose d'une prothèse complète soit nécessaire. «On m'a demandé mon consentement pour une prothèse complète si le chirurgien orthopédiste s'aperçoit que c'est trop abîmé. Que pensez-vous qu'il se passe là? Ça ne s'améliore pas. Mon autre genou s'abîme. J'ai mal aux hanches. Ça fait boule de neige sur tout le reste», a-t-elle dit.

En plus, si une prothèse complète est nécessaire, cela signifie que la réhabilitation sera de six mois au lieu de quatre avec une prothèse partielle.

Mobilité réduite

À la maison, sa mobilité est grandement réduite. Elle monte les marches de l'escalier, une jambe à la fois, pour se rendre à sa chambre à coucher que deux fois par jour, pour s'habiller le matin après son déjeuner et le soir pour se coucher.

C'est en août 2010 que des radiographies montrent que le genou gauche de Mme Perrault doit être opéré. Elle obtient un rendez-vous avec un orthopédiste de l'Enfant-Jésus six mois plus tard, en février. Première déception : le médecin l'envoie à un collègue parce qu'il ne pose pas de prothèse partielle. Heureusement, elle obtient par une chance inouïe un rendez-vous la semaine suivante avec l'autre orthopédiste qui lui dit que l'opération pourrait avoir lieu vers la fin de juin.

«Mon mari était complètement déprimé quand je lui ai dit cela. Je lui ai dit : "Robert, cinq mois d'attente. C'est une affaire de rien. Cinq mois, je suis bien contente."»

Par la suite, Mme Perrault a bien déchanté. N'ayant pas eu d'appel de l'hôpital, elle prend sur elle de s'enquérir de la date de son opération. On lui répond que l'opération a été reportée à la fin de septembre ou au début d'octobre en raison d'un printemps très occupé pour les orthopédistes.

Annulation la veille

En septembre dernier, elle reçoit un appel pour lui dire qu'elle sera opérée le 20 octobre. Son espoir renaît, mais elle conserve des doutes. Quatre jours avant l'opération, elle vérifie si la date tient toujours. On lui répond par l'affirmative. Or, à 15h la veille de l'opération, on lui annonce que la chirurgie est une autre fois reportée. «On me dit que l'urgence est engorgée et qu'il n'y a pas de lits et qu'on ne peut faire d'opérations», a-t-elle dit.

Un autre rendez-vous lui est donné pour le 20 novembre dernier. Quelques jours avant, elle appelle pour apprendre que l'orthopédiste avait annulé cette chirurgie et d'autres depuis le 3 novembre, n'étant pas sûr de les faire faute de lits disponibles.

Rendez-vous le 2 décembre

Mardi dernier, on lui fait savoir que son opération est fixée au 2 décembre. «Je vais attendre la veille avant de dire que ça va se faire. Est-ce qu'ils vont me reporter encore? Va-t-il se passer de quoi à la dernière minute? Je n'en ai aucune idée.»

Mme Perrault déplore que le réseau de la santé, avec toutes ses ressources, ne soit pas en mesure de trouver des lits pour les personnes âgées hospitalisées à l'Enfant-Jésus et qui sont en attente d'une place dans un centre d'hébergement et de soins de longue durée.

«Ces personnes âgées sont des êtres humains qui ont un grand besoin de soins respectueux, efficaces et dans des délais raisonnables mais il semble que le système n'y parvienne plus. Je ne suis pas seule à vivre une telle situation. J'élève ma voix en leurs noms.»

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