Le TCE reconnu cancérigène aux États-Unis

(Québec) L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) vient de reconnaître, officiellement, que le trichloréthylène (TCE) est un produit «cancérigène chez l'humain par toutes les voies d'exposition». Auparavant, le produit était classé comme «cancérigène probable».

 

 

 

 

L'EPA a en effet publié hier la version finale de son évaluation des effets du TCE sur la santé, après plusieurs années de consultations. Le TCE y est aussi reconnu comme pouvant causer des maladies autres que le cancer.

Rappelons que le trichloréthylène est un produit utilisé pour dégraisser des pièces de métal et qu'il est au centre du recours collectif des citoyens de Shannon, provoqué par un des plus importants cas de contamination de la nappe phréatique au pays.

La dernière position officielle de l'EPA sur ce produit chimique remonte à 1987. L'organisme avait voulu revoir cette position en 2001, mais s'était buté à l'opposition de l'administration Bush, à l'époque.

La nouvelle évaluation fait état de risques élevés pour le cancer du rein, constaté dans de nombreuses études. Le document signale aussi d'autres études qui concluent à une hausse du risque pour le lymphome non hodgkinien et le cancer du foie.

Shannon

Par ailleurs, l'EPA mentionne que les études réalisées à ce jour laissent croire que le produit chimique provoque des mutations génétiques, un mécanisme qui peut jouer un rôle important dans l'apparition de cancers du rein et aussi du foie, avance-t-on. Cette question a été soulevée par les avocats des citoyens de Shannon en cour, où ils ont présenté les résultats de tests effectués sur des échantillons de tissus et qui identifiaient certaines mutations pouvant, selon eux, être associées à l'action du TCE.

L'EPA mentionne à ce sujet que lors d'études réalisées sur des rats, une forte exposition au TCE provoque l'apparition de «formes multiples de cancers», ce qui confirmerait l'action mutagène. On signale aussi que les mécanismes d'absorption et de métabolisme du produit présentent de grandes similitudes entre les rongeurs et l'humain. On mentionne de plus qu'en raison de son effet mutagène, le TCE risque d'être plus nocif chez les enfants pendant la période de croissance, jusqu'à l'âge de 16 ans.

Toutefois, l'évaluation de l'EPA indique que les risques de cancer équivalent, pour une personne ayant été exposée pendant la durée de sa vie (70 ans) à une concentration de 50 microgrammes par litre, à un cas additionnel de cancer pour une population de 10 000 personnes. Pour obtenir la norme jugée acceptable de un pour un million, il faut abaisser la concentration à un demi-microgramme par litre. La norme actuellement en vigueur est de cinq microgrammes par litre et elle représenterait un risque de un cancer parmi 100 000 personnes ayant été exposées la vie durant.

Le recours collectif des citoyens de Shannon, amorcé en janvier, approche maintenant de sa phase finale. Le gouvernement du Canada a déclaré sa preuve close et on entend présentement la preuve des défenderesses corporatives. La preuve d'experts en hydrogéologie, interrompue en raison de problèmes de santé d'un des témoins, doit reprendre le 17 octobre, après quoi chaque partie devrait présenter sa plaidoirie.

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