Ils sont colorés, pratiques et ils ne coûtent pas une fortune. Les parents et les enfants les adorent parce qu'ils sont confortables et qu'ils protègent les petits mousses des planchers froids.
Ils avaient attiré l'attention du magazine belge Test-Achats en 2009 (l'équivalent de Protégez-Vous). Des tests avaient alors démontré que la plupart d'entre eux contenaient des substances toxiques et cancérigènes.
«On parle d'ammoniaque [et de] formamide. C'est un solvant utilisé pour assouplir les plastiques et les caoutchoucs», a indiqué Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test-Achats à RTL Info, en Belgique.
La substance contenue dans les tapis en EVA (ethylene vinyl acetate) est nocive lorsqu'elle entre en contact avec la peau, mais aussi lorsqu'elle est inhalée. Toujours selon les tests belges, il semble que du formamide émane des tapis casse-tête neufs de façon décroissante pendant quelques semaines.
«Il y a un an, quand on a pris connaissance du problème, le ministre avait demandé aux distributeurs et aux fabricants de prendre des mesures pour faire en sorte que ces produits ne contiennent plus de cette substance», a expliqué au Soleil Marie-Isabelle Gomez, porte-parole du ministère belge de la Protection des consommateurs.
De nouveaux tests effectués récemment ont démontré que l'industrie ne s'était pas conformée, raison pour laquelle le Ministère a pris la décision, vendredi, de retirer les produits des tablettes. Pour qu'un produit soit réintroduit sur le marché, son fabricant devra prouver qu'il ne contient pas de produits dangereux.
La France mènera d'autres études, mais suspend également leur commercialisation en attendant.
«Heureusement, ce ne sont pas des objets très chers», se rassure Mme Gomez, qui recommande de se départir de ces tapis par mesure de précaution.
Dans un magasin de jouets du centre-ville, Le Soleil n'a noté aucune mention concernant la présence - ou l'absence - de formamide sur les emballages de tapis casse-tête présents sur les étalages. Les quatre produits en vente étaient tous fabriqués en Chine ou à Taiwan et mis en marché par de grands importateurs américains ou européens.
Principe de précaution
Dans le salon, la salle de jeux, les garderies : on les retrouve un peu partout, ces joyeux tapis colorés. Au centre de la petite enfance (CPE) L'Anse aux lièvres, «on en a dans deux locaux», indique la directrice, Claire Beaupré, qui a préféré les retirer sur-le-champ.
«Si c'était des murs, ce serait moins évident, mais jusqu'à ce que le ministère nous donne un avis, ça coûte rien de les enlever. Si c'était grave, ce sera ça de moins pour l'exposition des enfants!»
Derrière la poussette d'Édouard, la maman Marie-Ève Gagnon était aussi inquiète. «C'est sûr que ce serait à surveiller; c'est important, la santé de nos enfants.»
Au ministère de la Famille, la porte-parole de la ministre Yolande James, Geneviève Hinse, explique que «c'est la responsabilité des services de garde de s'assurer que le matériel qu'ils ont est sécuritaire». Le Ministère achemine toutefois les différents avis de Santé Canada aux CPE.
Santé Canada avait déjà retiré du marché un modèle de tapis casse-tête l'an dernier en raison des risques d'étouffement liés à de petites pièces.
Il n'a pas été possible, lundi, malgré plusieurs appels, de savoir si Santé Canada était au courant de l'initiative européenne et si le gouvernement fédéral entendait y réagir.