Pair aidant en santé mentale: le Québec fait sa marque

Luc Vigneault travaille maintenant à Robert-Giffard à titre... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Luc Vigneault travaille maintenant à Robert-Giffard à titre de pair aidant. Qui aurait cru qu'un jour, la mention «malade mental» serait un élément déterminant sur un curriculum vitae?

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Bien connu dans certains milieux, par exemple, celui de la toxicomanie, le concept de pair aidant fait son chemin dans le domaine de la maladie mentale depuis 2006 au Québec. Et aujourd'hui, des Québécois vont en France, en Suisse, en Italie pour y faire part de l'expérience.

Les Québécois se sont inspirés de ce qui se fait depuis plusieurs années en milieu anglophone pour développer et adapter la formule. Soutenu par l'Association québécoise de réadaptation psychosociale (AQRP), le programme qui a démarré sous forme de projets pilote a vite pris de l'expansion.

Désormais, la formation développée pour ceux qui vont se joindre à des équipes professionnelles de soins en santé mentale est appuyée par l'Université Laval et reconnue par le ministère de la Santé et des Services sociaux, souligne Nathalie Lagueux, coordonnatrice du programme Pairs aidants Réseau de l'AQRP.

Pendant 10 journées intensives consécutives, les futurs candidats vivent ensemble, apprennent et échangent sur leur rôle dans les équipes de soins. Elle-même paire aidante, Mme Lagueux a été formée en Géorgie, avant que le programme québécois ne se développe.

Reconnaître le titre d'emploi

La prochaine étape à franchir sera la reconnaissance du titre de pair aidant dans les services publics de santé, et leur intégration dans les syndicats. Présentement, ceux qui y sont intégrés sont «prêtés» par des organismes communautaires.

Il y a présentement une trentaine de milieux d'embauche qui se sont ouverts aux pairs aidants, dont la moitié dans le réseau public, CSSS, centres de réadaptation, etc., et la moitié dans les organismes communautaires. L'objectif du Ministère est d'en intégrer dans 30 % des équipes de santé mentale, note Mme Lagueux. Près de 70 personnes ont suivi une formation à ce jour.

«Nous, on dit qu'on a une place partout où il y a du désespoir. On travaille à sensibiliser les milieux, mais il y a encore beaucoup de préjugés. C'est gros parce que ce sont habituellement des exclus du monde du travail, et là, on leur dit : mettez en valeur vos trous dans le CV.»

Parmi les réticences, les professionnels craignent de se retrouver avec «un malade de plus à soigner».

Contrairement aux programmes anglophones, qui se limitent à faire de la formation, l'approche développée au Québec inclut la supervision et l'accompagnement des pairs aidants dans le milieu de travail. Une formule qui devrait aider à ouvrir des portes, selon Mme Lagueux.

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