Boire un peu d'alcool pendant la grossesse serait bénéfique

Les auteurs d'une étude britannique concluent que «jusqu'à... (Photothèque Le Soleil)

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Les auteurs d'une étude britannique concluent que «jusqu'à l'âge de cinq ans, les enfants nés de mères qui ont bu pas plus d'une ou deux consommations d'alcool par semaine pendant leur grossesse n'ont pas de risque accru de souffrir d'un manque sur le plan socio-émotionnel ou du développement cognitif».

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Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) La femme enceinte qui boit un verre ou deux d'alcool par semaine n'a pas à craindre pour le développement intellectuel de son enfant. Au contraire, fiston pourrait même obtenir de meilleurs scores aux tests cognitifs que son copain né d'une mère non buveuse.

Ce sont les conclusions d'une étude britannique publiée mardi dans le site web du Journal of Epidemiology and Community Health. L'étude a été menée par la Dre Yvonne Kelly, de l'University College London. Son équipe de recherche a suivi 11 513 enfants britanniques nés entre septembre 2000 et janvier 2002.

La scientifique a interrogé leurs mères au sujet de leurs habitudes de consommation d'alcool pendant la grossesse. Les femmes ont été divisées en cinq groupes : celles qui ne buvaient jamais (6 %), celles qui s'abstenaient pendant leur grossesse (60 %), les buveuses occasionnelles, qui consommaient un à deux verres par semaine (26 %), les buveuses modérées, avec trois à six consommations hebdomadaires (5,5 %), et les grandes buveuses, avec plus de sept verres (2,5 %).

Quand les enfants ont atteint cinq ans, on a formellement observé et testé leurs comportements et leur développement intellectuel. Sans surprise, l'étude a révélé que les enfants nés de grandes buveuses ont davantage de risque d'être hyperactifs et de présenter des troubles émotifs et comportementaux que les bambins dont les mères ont évité l'alcool pendant la grossesse.

Cependant, les enfants des buveuses occasionnelles présentaient 30 % de moins de risque de souffrir de troubles de comportement que les enfants des femmes qui se sont abstenues de boire pendant neuf mois. La comparaison entre les deux mêmes groupes a révélé un autre aspect surprenant : les premiers obtenaient des résultats supérieurs aux tests cognitifs que les seconds, même en tenant compte des facteurs sociaux qui pourraient influencer les résultats.

La tendance était encore plus évidente chez les garçons, qui réussissaient mieux dans les tests de vocabulaire et d'identification d'images. Les auteurs concluent que «jusqu'à l'âge de cinq ans, les enfants nés de mères qui ont bu pas plus d'une ou deux consommations d'alcool par semaine pendant leur grossesse n'ont pas de risque accru de souffrir d'un manque sur le plan socio-émotionnel ou du développement cognitif».

Est-ce à dire que les femmes enceintes peuvent succomber sans remords à cette coupe de vin si tentante? Hubert Sacy, directeur général de l'organisme Éduc'alcool, tempère un peu les ardeurs : «Ce qui est démontré, c'est qu'il n'y a aucune assurance, aucune certitude qu'une quantité minimale d'alcool pendant la grossesse ne nuit pas à l'enfant. Et il n'y a aucune assurance du con­traire.»

Et d'un enfant à l'autre, les effets peuvent être différents. «Il n'y a pas seulement la quantité d'alcool consommé, mais aussi la génétique des enfants» qui entre en ligne de compte, soutient M. Sacy. Alors dans l'incertitude, mieux vaut faire preuve de précaution, estime-t-il.

Quantité nocive inconnue

C'est aussi la position de l'Agence de santé publique du Canada, qui recommande aux femmes de s'abstenir, puisque la quantité d'alcool qui est nocive pour le foetus n'est pas connue.

Une seule étude ne peut faire foi de tout, ajoute M. Sacy, qui souligne la difficulté d'étudier la consommation d'alcool des fem­mes enceintes, car celles qui boivent sont peu enclines à le révéler au grand jour.

Une seule chose est certaine, insiste Hubert Sacy : prendre une cuite une seule fois pendant la grossesse est beaucoup plus nuisible que de prendre un verre de temps en temps.

«L'intoxication a des effets certains, indiscutables et démontrés.»

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