Le Collège des médecins veut poursuivre la réflexion sur l'euthanasie

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Dans un document rendu public mardi, le Collège des médecins affirme que la question ne se pose pas comme «pour ou contre l'euthanasie», mais comme celle des soins appropriés en fin de vie.

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(Québec) Le Collège des médecins ouvre timidement la porte à l'euthanasie. Mais, très nuancé, l'ordre professionnel refuse de trancher cette délicate question et suggère plutôt que la réflexion se poursuive.

«On veut apporter un point de vue et non pas trancher un débat», a indiqué le président du Collège des médecins, le Dr Yves Lamontagne, en conférence de presse à Montréal.

Le Collège y présentait la position, très attendue, de son conseil d'administration sur un rapport d'un Groupe de travail mandaté en 2006 pour réfléchir à la question pour laquelle on note une «sensibilité clairement perceptible» autant dans la population que chez les médecins.

Réponse du Collège à ce rapport : oui, l'euthanasie devrait pouvoir faire partie «des soins appropriés en fin de vie». Mais «dans des situations exceptionnelles et quand la mort est imminente». Aussi, il n'est pas question de suicide assisté, mais seulement d'euthanasie.

«Les situations qui nous préoccupent le plus comme médecins sont des situations exceptionnelles où la mort est inévitable, imminente et difficile malgré les soins apportés», a indiqué le président, le Dr Lamontagne.

Il s'agit de situations, dit-il, où l'on demande au médecin de poser des gestes avec lesquels il serait «probablement d'accord si ce n'était du fait qu'ils sont interdits par la loi».

Et pour qu'un médecin qui déciderait, en concertation avec son patient et ses proches, de pratiquer l'euthanasie ne commente plus un acte criminel, il faudrait changer la loi.

«Ces changements, qu'ils soient apportés dans le Code criminel ou ailleurs, devraient selon nous viser un seul objectif : rassurer les patients, les médecins et la société à l'effet que les soins prodigués en fin de vie seront les plus appropriés possibles», peut-on lire dans le document de neuf pages dans lequel le Collège partage sa réflexion.

Aussi, les médecins ne seront jamais obligés de pratiquer l'euthanasie, lit-on également dans le document.

Le Barreau de la partie

Quant à savoir comment d'éventuels changements à la loi pourraient être envisagés, il n'en revient pas seulement aux médecins, note le Dr Lamontagne, qui invite des organismes concernés, dont le Barreau du Québec et l'Ordre des infirmières, à «l'accompagner dans la suite du cheminement».

Déjà mardi, le Barreau a indiqué qu'il acceptait l'invitation du Collège. «Nous sommes d'avis que le cadre législatif et réglementaire actuel doit être analysé à la lumière des changements sociaux observés ou souhaités», a expliqué par communiqué le bâtonnier du Québec, Me Pierre Chagnon.

Du côté de l'Ordre des infirmiers et infirmières du Québec, l'attachée de presse Lise Provost indique que le document du Collège des médecins sera soumis au conseil d'administration en décembre.

«La profession d'infirmière est concernée par cette réflexion», dit-elle.

Sur la pointe des pieds

La sortie de mardi est l'aboutissement de trois ans de réflexion pour le Collège des médecins. Une réflexion délicate, qui explique la retenue et la prudence du Collège et de son président, explique en entrevue au Soleil le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège.

«Effectivement, on est très prudents, reconnaît-il. On sait très bien qu'il y a beaucoup d'enjeux derrière ça et ce qu'il faut surtout éviter c'est de donner l'impression qu'il y a une ouverture sans contrôle.» D'où l'importance de bien définir les termes.

Mais déjà, ouvrir la porte, même prudemment, est une «révolution», soutient le Dr Robert. «Je ne peux pas dire que nos membres sont totalement unanimes derrière ça», ajoute le secrétaire du Collège.

Et ce, même si de récentes consultations menées par les fédérations de médecins montrent que 75 % de leurs membres sont en faveur du recours à l'euthanasie dans un contexte médical et légal bien balisé.

«Malgré les sondages, c'est un sujet qui reste controversé, et légitimement controversé, dit-il. Comme médecins, on n'est pas formés pour tuer des patients, c'est viscéralement incompatible avec leur profession.»

De quoi parle-t-on?

Trop de gens mélangent euthanasie et arrêt des traitements, estime le secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert. «Poser la question: êtes-vous pour ou contre l'euthanasie ne règle absolument rien. Ça ne fait que polariser le débat et les gens ne savent pas toujours de quoi ils parlent», déplore-t-il.

En évoquant l'euthanasie, plusieurs pensent au suicide assisté, qui n'a rien à voir avec la réflexion actuelle, dit-il. Pas plus que les notions d'acharnement thérapeutique, d'arrêt de traitements et de traitements futiles, qui sont réglées par le Code civil du Québec. «Il dit qu'une personne a le droit de décider pour elle-même de la poursuite des traitements ou non. Ça se fait tous les jours. Et ça, ce n'est pas de l'euthanasie, point à la ligne.»  

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