L'incubateur diminue le risque de dépression

Les données d'une étude menée sur 1212 Québécois... (Photothèque Le Soleil)

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Les données d'une étude menée sur 1212 Québécois francophones ont permis aux chercheurs du CHU Sainte-Justine de conclure aux bienfaits de l'incubateur.

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(Québec) Les bébés placés en incubateur après leur naissance présentent deux fois moins de risque de souffrir de dépression majeure à l'âge adulte.

C'est l'étonnante conclusion d'une recherche effectuée au CHU Sainte-Justine et publiée ce mois-ci dans la revue Psychiatry Research.

Les chercheurs, dirigés par le psychiatre David Gourion, se sont servis des données issues d'une vaste cohorte de 1212 Québécois francophones qui participaient à une autre étude longitudinale depuis 1986.

Des données sur les troubles psychiques et la dépression ont été recueillies auprès des sujets et de leur mère à l'âge de 15 ans et de 21 ans.

Dans le premier groupe, les chercheurs ont constaté que 9 % des enfants avaient souffert de dépression majeure une fois devenus adulte. Cette proportion est semblable à celle existant dans la population.

Dans l'ensemble des 1212 Québécois, 16,5 % avaient été placés en incubateur à leur naissance pour diverses raisons : petit poids, prématurité, anomalie physique, naissance par césarienne. Dans ce groupe, seulement 5 % des enfants avaient souffert de dépression majeure.

La conclusion s'est donc imposée aux chercheurs. Le fait d'avoir été mis dans un incubateur a réduit presque de moitié le risque de faire une dépression à l'âge adulte.

Ces résultats ont renversé les chercheurs. Chez les animaux, la séparation précoce d'avec la mère après la naissance se traduit par des problèmes psychologiques importants et persistants. Ils s'attendaient à une situation similaire chez les bébés ayant été en incubateur.

Deux raisons pourraient expliquer l'effet protecteur de l'incubateur. D'une part, on peut con­trôler et ajuster la température du bébé, l'oxygénation de son cerveau, le bruit et la lumière environnants.

Une mère aux petits oignons

D'autre part, la mère accorde plus de soins à son enfant, car elle le perçoit plus vulnérable à cause du séjour en incubateur. Les soins et l'attention reçus protégeraient l'enfant contre le stress.

Cette étude est la première à démontrer que l'incubateur diminue le risque de dépression.

D'autres études ont déjà démontré les effets négatifs de l'incubateur sur le développement moteur et cognitif du bébé dans les premiers mois de sa vie.

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