G7: «L'argent ne tombera pas du ciel»

Le premier ministre Justin Trudeau, accompagné du maire... (Archives La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

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Le premier ministre Justin Trudeau, accompagné du maire de La Malbaie, Michel Couturier, lorsqu'il a visité le futur site du G7.

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(Québec) Charlevoisiens, ne vous énervez pas trop vite! Le G7 qui réunira des puissants au Manoir Richelieu en juin ne sera pas précédé d'un déferlement d'argent public, prévient le maire de La Malbaie.

«Les gens s'attendent à beaucoup de legs», observe Michel Couturier en entrevue avec Le Soleil. «Ça, il faut faire attention. Ce n'est pas la panacée. L'argent ne tombera pas du ciel pour réaliser tous nos fantasmes dans l'année qui vient. Il ne faut pas rêver en couleur.»

L'échevin a donc fait le tri et pousse pour son projet phare : le réaménagement des alentours du quai du secteur Pointe-au-Pic. Le provincial a déjà embarqué, plaide-t-il. Si le fédéral ouvre son gousset, il imagine pouvoir lancer le chantier rapidement; et pourquoi ne pas nommer les lieux «Place du G7». 

Rien d'autre sur la liste de cadeaux? «Je ne suis plus dans l'idée que toutes les routes de La Malbaie vont être refaites», laisse-t-il tomber. «La banque n'est pas ouverte.»

Il a bien le pavage de la voie menant à l'aéroport de Saint--Irénée qui pourrait être retapé pour la visite, espère-t-on dans la région. Mais les fils ne sont pas attachés, prévient Michel Couturier. «C'est sur la table, mais il n'y a rien de confirmé.»

C'est justement du côté du petit aéroport régional que la MRC de Charlevoix-Est espère, pour sa part, obtenir une subvention. Le préfet Sylvain Tremblay aimerait agrandir le tarmac afin de pouvoir stationner plus d'avions durant le G7, rapportait récemment la station CIHO.FM. 

Demandes à l'étude

Pour l'instant, Ottawa évalue les demandes. De passage dans la région au début de la belle saison, le premier ministre Justin Trudeau avait toutefois prévenu que les subsides étatiques seraient octroyés si les projets peuvent servir durant le sommet.

À Québec aussi le gouvernement ramène sur terre les rêveurs de grands chantiers routiers. «Il n'y a pas de travaux prévus en particulier pour cet événement-là», tranche un porte-parole du Ministère des Transports, Martin Girard. «Ce n'est pas prévu de faire des travaux spécifiquement en lien avec le G7.»

Il ajoute : «Le ministère pourrait adapter le calendrier de certains chantiers si nécessaire, d'autres chantiers qui ne sont pas liés au sommet. Mais, pour l'instant, normalement, le sommet ne devrait pas avoir d'impact sur l'échéancier des projets dans le secteur de La Malbaie.»

Retombées

Une fois dit que la région ne sera pas rénovée au complet pour le G7, Michel Couturier fait tout de même remarquer qu'il y aura des investissements importants. Mais qu'ils seront liés directement à l'organisation de l'assemblée.

Déjà, poursuit-il, la région bénéficie des retombées de la venue de la visite internationale. Le réseau cellulaire, par exemple, fera un bond de géant vers la modernité; une demande maintes fois répétée par les politiques et gens d'affaires du cru (voir autre texte). Certains pans du réseau Internet gagneront également en rapidité.

Et puis il y a les locaux commerciaux occupés par les bureaux des organisateurs du G7; quelques emplois créés; des contrats de construction octroyés pour des rénovations au Manoir Richelieu; des logements et maisons loués; les chambres d'hôtel réservées... Le maire Couturier se réjouit. «On est très très heureux de l'événement.»

À long terme, c'est cependant du côté de la notoriété de Charlevoix et de La Malbaie que le G7 pourrait être payant, évalue-t-il. Le secteur touristique s'active.

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Le G7 en bref

Déjà des visiteurs!

Des visiteurs inhabituels séjournent à La Malbaie depuis que le gouvernement fédéral a choisi Charlevoix pour recevoir les délégations du Groupe des sept en juin. «Il y a beaucoup de choses qui sortent de l'ordinaire», admet le maire Michel Couturier. La garde côtière a un intérêt accru pour le paysage du coin, semble-t-il. Des militaires étatsuniens aussi : «On voit même une frégate américaine.» Tout comme des policiers qui auraient pris l'habitude de survoler la région en hélicoptère. Il y a également cette délégation de Français qui a attiré l'attention des résidents en débarquant à l'aéroport de Saint-Irénée. Les habitants ont, en outre, appris que des sites sont réquisitionnés par les autorités, comme le port de Cap-à-l'Aigle; le journal Le Charlevoisien a révélé que les forces de l'ordre y stationneront certains bateaux.

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Le défi du logement

Le G7 attirera des milliers de membres des délégations étatiques et d'organisations économiques internationales dans Charlevoix. Beaucoup de journalistes, de policiers, de militaires, aussi. Le gouvernement fédéral a déjà contacté les hôteliers jusqu'à Québec, qui ont bloqué leurs chambres pour les nuitées autour des dates du sommet des 8 et 9 juin. L'organisation recense également tous les logements et maisons disponibles sur le marché : «Nous pouvons confirmer que nous travaillons étroitement avec les membres de la communauté à travers la région pour bien cerner l'offre de service complète, incluant avec les particuliers qui veulent contribuer au succès du sommet en ajoutant leur demeure à cette offre de service», nous écrit la porte-parole pour le Bureau du sommet chez Affaires mondiales Canada, Jessica Séguin. Les autorités ne l'ont pas confirmé, mais les besoins sont si grands que la rumeur, relayée par le journal Le Charlevoisien, veut qu'un paquebot puisse être ancré dans le fleuve pour loger une partie des délégations.

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Les hôpitaux contactés

Les établissements de santé de la région seront mis à contribution durant la rencontre du G7 de juin. «Effectivement il y a eu un représentant du CIUSSS qui a été convoqué à une rencontre», indique Karine Primard, des relations médias du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de la Capitale-Nationale. «C'était une rencontre qui était un peu plus au niveau préparatoire. À l'heure actuelle, on est loin de savoir l'ensemble des détails qui viendront sous peu. On attend les indications puis les enlignements autant du fédéral que du ministère de la Santé dans ce dossier-là.» Le ministère confirme également que «des comités de travail [...] sont en train de se mettre en place», dixit Marie-Claude Lacasse, une des responsables des relations de presse. Mais il est trop tôt pour définir le rôle de l'hôpital de La Malbaie et de ceux de Québec.




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