Loi 101 dans les cégeps: le PQ souffle le chaud et le froid

Vendredi, le chef Jean-François Lisée avait indiqué qu'il... (La Presse canadienne, Graham Hughes)

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Vendredi, le chef Jean-François Lisée avait indiqué qu'il ne voulait pas élargir l'application de la loi 101 au réseau collégial.

La Presse canadienne, Graham Hughes

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(Montréal) Jean-François Lisée a évité une rebuffade sur l'épineuse question de l'élargissement de la loi 101 au réseau collégial. Mais le plan retenu par les militants jusqu'ici paraît alambiqué.

Les délégués participant au 17e congrès du Parti québécois ont décidé de ne pas interdire directement aux étudiants francophones et allophones l'accès aux cégeps anglophones.

Le principe du «libre choix», qu'un militant a décrit comme un «suicide collectif», a été maintenu d'un côté. Mais pas tout à fait de l'autre.

Vendredi, le chef Jean-François Lisée avait indiqué qu'il ne voulait pas élargir l'application de la loi 101 au réseau collégial. Il avait affirmé qu'il fallait plutôt rendre le réseau collégial francophone plus attractif.

Les délégués planchant sur la question en atelier, au deuxième jour du congrès, ont accepté d'offrir aux cégépiens francophones qui démontrent déjà une bonne maîtrise du français la possibilité «de suivre au cégep un parcours en anglais enrichi qui pourra comporter une session dans un cégep anglophone». Ils veulent en parallèle «inciter fortement les étudiants des cégeps anglophones à suivre un parcours de français enrichi comportant une session entière dans un cégep francophone».

Cependant, les mêmes militants ont majoritairement voté pour une proposition stipulant qu'un éventuel gouvernement péquiste devra s'assurer «que le financement des cégeps anglophones réponde en priorité aux besoins de la communauté historique anglophone et, par conséquent, qu'il soit graduellement aligné sur le poids démographique proportionnel de cette communauté».

Tous les délégués n'étaient pas à l'aise avec cette dernière proposition. Certains estiment qu'elle asphyxierait les cinq cégeps de langue anglaise si elle était appliquée.

Denis Martel, de la circonscription de Charlesbourg, craint qu'elle force des francophones et des allophones à se tourner vers le secteur privé, ce qui favoriserait les plus aisés.

Un autre délégué, Guillaume Rousseau, de Sherbrooke, a défendu la proposition tout en reconnaissant qu'elle pouvait laisser place à des interprétations, que son sens était un peu vague. Il pense que les mesures «attractives» proposées feraient chuter la clientèle des cégeps anglophones, donc qu'elles feraient baisser naturellement le financement qu'ils touchent.

Selon lui, ce ne serait que dans un deuxième mandat péquiste, et seulement si les mesures incitatives ne produisaient pas les résultats escomptés, que le financement des institutions de langue anglaise pourrait être réduit au poids démographique de la communauté anglophone.

Le militant Marc Laviolette, du SPQ-Libre, a assuré que le chef du Parti québécois était d'accord avec ce «compromis». Jean-François Lisée ne s'est pas lui-même prononcé samedi.

Les délégués ont aussi décidé d'«instaurer pour les personnes qui n'ont pas droit à l'école anglaise et qui n'ont pas reçu leur instruction primaire et secondaire en français, par exemple parce qu'elles sont au Québec depuis peu, l'obligation de fréquenter un cégep francophone»; d'«instaurer une épreuve uniforme de français dans les cégeps anglophones» et d'«étendre à l'éducation des adultes et aux écoles de formation professionnelle les dispositions de loi 101».

Affichage unilingue

Vendredi, au premier jour du congrès, des délégués réunis en atelier ont voté pour le bannissement de l'anglais et des langues autres que le français de l'affichage commercial.

Ils ont demandé qu'un éventuel gouvernement Lisée applique les dispositions de la loi 101 aux CPE et aux garderies subventionnées.

Ils ont aussi été plus loin que ce que souhaite la direction du parti sur la langue de travail. Selon eux, toute entreprise de 10 salariés et plus devrait être soumise à la procédure de certification de francisation.

Pour que ces mesures se retrouvent officiellement dans le prochain programme politique du Parti québécois, il faut encore que les 1500 délégués réunis en plénière les avalisent d'ici la fin du congrès, dimanche. La direction du parti mettra tout son poids dans la balance pour au moins faire battre la résolution sur l'affichage unilingue.

Samedi matin, Agnès Maltais et d'autres députés ont dit faire confiance à la «sagesse» des congressistes. Une façon comme une autre de dire qu'ils espèrent que la proposition sur l'affichage unilingue soit battue en plénière, lorsque l'ensemble des délégués se prononcera.

La Catalogne

Un invité catalan indépendantiste a été chaudement ovationné par les délégués. «Il y a quelques années, vous nous avez ouvert le chemin», leur a dit Jordi Solé i Ferrando. Le Québec vous suivra à son tour, a rebondi Jean-François Lisée.

Par ailleurs, le Parti québécois a ouvert la porte à ce qu'en plus des membres en bonne et due forme, les simples «sympathisants» péquistes puissent participer à la désignation du prochain chef. Une idée qui émane à l'origine du député Alexandre Cloutier.




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