Symboles religieux: Lisée marche dans les pas de Labeaume

Le chef péquiste Jean-François Lisée rappelle que plusieurs... (Archives La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

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Le chef péquiste Jean-François Lisée rappelle que plusieurs pays ont proscrit à des degrés divers le voile intégral dans l'espace public, que plusieurs formules sont possibles.

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(Québec) Le péquiste Jean-François Lisée emboîte le pas au maire de Québec, Régis Labeaume. Il a réclamé jeudi la suspension temporaire de l'étude du projet de loi sur la neutralité religieuse le temps de consulter des experts à propos de l'interdiction du port du voile intégral dans l'«espace public» - dans les rues, par exemple.

Les libéraux ont rejeté sa demande, sans surprise. Mais le chef péquiste a néanmoins pu faire entendre son message, et c'est ce qu'il voulait.

L'an dernier, M. Lisée s'était déjà engagé à se pencher sur cet éventuel interdit du port de la burqa et du niqab dans les rues après les prochaines élections générales, en octobre 2018 - dès lors que son parti les gagnerait.

Jeudi, il estimait que «la question de la place du voile intégral dans la société soulevée par le maire de Québec est légitime et mérite une réponse claire». Claire et rapide.

À l'instar de Régis Labeaume, il a aussi évoqué, et ce, dans le même élan, les cagoules et les masques portés par des casseurs.

Il a même repris le mot «tabou» à son compte. «Le Parti Québécois estime que la question du visage couvert dans l'espace public et les manifestations n'est pas un tabou», a déclaré Jean-François Lisée.

Le Parti québécois rappelle que plusieurs pays ont proscrit à des degrés divers le voile intégral dans l'espace public, que plusieurs formules sont possibles.

En France, depuis l'entrée en vigueur de la Loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public, «nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage». Les détracteurs de cette législation font valoir qu'elle n'a pas entraîné une baisse du port du voile cachant le visage et qu'elle aurait envenimé les tensions.

Legault félicite le maire

Bien qu'il s'interroge sur les masques et les cagoules portés par des casseurs, le chef caquiste, François Legault, ne voit pas l'utilité d'interdire le voile intégral dans l'espace public.

Il donne toutefois raison au maire Régis Labeaume sur tous les autres aspects de ses sorties de la semaine. Il l'a presque félicité, même, jeudi. Il «a donné toute une leçon au donneur de leçons en chef, Philippe Couillard. Je pense que c'était à-propos», s'est réjoui le caquiste.

M. Legault se trouvait dans la circonscription de Louis-Hébert, où les électeurs seront appelés aux urnes sous peu. Il a présenté Normand Sauvageau, qui y portera les couleurs de la CAQ. Il «habite la circonscription depuis 27 ans» et a fait sa carrière dans une banque, a souligné le chef caquiste.

Accusations croisées

MM. Legault et Lisée accusent le premier ministre Couillard d'avoir contribué à la montée de l'extrême droite en pourfendant «ceux qui posent des questions», en ayant par exemple déclaré, lors d'un débat sur les niveaux d'immigration, que l'un et l'autre soufflaient «sur les braises de l'intolérance».

Au passage, le chef caquiste a estimé jeudi qu'«on a excédé notre capacité d'intégration des immigrants» au Québec.

Le gouvernement affirme que les propos des ténors péquistes et caquistes attisent les craintes d'une partie de la population et contribuent à la montée de l'extrême droite et du populisme.

***

«Où était Régis Labeaume?» questionne Nadeau-Dubois

«Je me demande où était Régis Labeaume dans les 10 dernières années. Ça fait 10 ans qu'on en parle au Québec du port des signes religieux, du port du voile intégral!» Le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois s'est étonné jeudi des récents propos du maire Labeaume. Les libéraux de Philippe Couillard avaient aussi soutenu mercredi qu'il est faux d'affirmer qu'il existe des sujets tabous au Québec. Gabriel Nadeau-Dubois a présenté trois amendements au projet de loi 62 - des amendements visant à «compléter la laïcisation de l'État», selon ses mots. Il a proposé de mettre fin au financement public des établissements scolaires confessionnels, d'interdire «toute récitation d'un texte à caractère religieux lors de la tenue d'assemblées municipales et lors des travaux de l'Assemblée nationale», et de décrocher le crucifix suspendu au-dessus du fauteuil du président de l'Assemblée nationale. Le gouvernement s'en tiendra à ce qu'il a présenté. Au coeur de son projet figurent la prestation et la réception des services publics à «visage découvert».




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