Légalisation du pot: délai trop court, selon Québec

La ministre Lucie Charlebois a avoué avoir rencontré... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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La ministre Lucie Charlebois a avoué avoir rencontré la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, durant l'été et lui avoir réitéré une demande d'un délai plus long que la date butoir du 1er juillet. «Mais on s'est fait dire non», a-t-elle indiqué.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Même si elle maintient que le gouvernement du Québec sera prêt à déposer un projet de loi cadre sur la légalisation du cannabis avant le 1er juillet 2018, la ministre Lucie Charlebois a avoué jeudi qu'elle aurait aimé bénéficier d'un délai.

«On a demandé un délai, mais on ne l'a pas eu!» a-t-elle laissé tomber lors de la consultation régionale sur l'encadrement du cannabis à Québec. La ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie répondait à Sylvain Fournier, du Centre d'intervention en toxicomanie, qui est opposé à la légalisation et s'interrogeait sur les délais qu'il considérait trop courts.

En mêlée de presse, la ministre a avoué avoir rencontré la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, durant l'été et lui avoir réitéré une demande d'un délai plus long que la date butoir du 1er juillet. «Mais on s'est fait dire non», a-t-elle indiqué.

Prêt à temps

La ministre jure toutefois que le projet de loi cadre sera prêt à temps. «Ne pas avoir eu ce délai signifie cependant qu'au lieu de faire les 17 régions du Québec, cette consultation n'effectue que sept arrêts.» Elle ajoute cependant que 7000 personnes ont déjà rempli le questionnaire en ligne du gouvernement sur le cannabis.

Indiquant qu'aucun scénario n'est écarté, Mme Charlebois a aussi avoué qu'elle ignorait s'il serait possible de mettre sur pied en moins d'un an une société d'État qui serait chargée de la distribution du cannabis légal. 

«On est en train d'évaluer ça car on en entend parler. Tout est ouvert, rien n'est arrêté», a-t-elle déclaré.

Intérêt pour la vente

Jeudi, des représentants de l'Association des marchands, dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEP) de même que du groupe VapoClub, spécialisé dans la vente d'articles de cigarettes électroniques, sont d'ailleurs venus plaider leur cause devant la ministre. 

Le directeur général de l'AMDEP, Yves Servais, a expliqué que plusieurs de ses membres souhaitaient pouvoir offrir du cannabis à leurs clients alors que Jacques Duhamel, président de VapoClub, aimerait que ses boutiques puissent en vendre sous forme liquide pour les vaporisateurs.

Pendant ce temps, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale suggérait plutôt que la distribution du cannabis soit faite par un organisme sans but lucratif plutôt que selon un modèle commercial.

«Avec une formule plus commerciale, les entreprises seraient tentées de fidéliser les clients et de recruter de nouveaux fumeurs», a déclaré le directeur de la santé publique de la Capitale-nationale, le Dr François Desbiens.

Par ailleurs, la ministre a avoué qu'elle ne s'était pas encore penchée sur la question du commerce électronique, qui pourrait permettre aux Québécois de s'approvisionner dans d'autres province sur leur législation est différente.

«C'est une bonne question à laquelle je n'ai malheureusement pas de réponse pour l'instant. Je ne sais pas comment on pourrait empêcher ça.»

***

18 ans a la cote

L'âge de 18 ans comme âge minimal pour consommer du cannabis semble avoir la cote dans la population, même si certains participants ont évoqué jeudi de fixer l'âge minimal à 21 ans. La ministre Lucie Charlebois préfère pour sa part attendre la fin des consultations avant de se prononcer. «J'ai vu que c'était partagé moi aussi et j'entends les raisons derrière chacun des choix», a déclaré la ministre à la conclusion de la rencontre de jeudi.

***

Diminuer la consommation

Pour le directeur de la santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens, il serait possible de diminuer la consommation de cannabis en le légalisant. «En utilisant les mêmes méthodes que pour le tabac, à savoir des campagnes de sensibilisation sur les risques, limiter les endroit où il est possible d'en consommer», a-t-il déclaré en point de presse.

«Présentement, il n'y a aucune difficulté à acquérir du cannabis car c'est disponible. Avec le légalisation, nous souhaitons contrôler le produit, réduire la quantité de tétrahydrocannabinol (THC) et réduire les contaminants. On a l'opportunité de commencer avec le cannabis ce qu'on a pas fait avec le tabac il y a 90 ans», a résumé le médecin, qui souhaiterait également que les profits de la vente de cannabis soient investis pour améliorer la santé publique avec des mesures préventives, curatives de même que pour la recherche et le développement.

***

La peur de Couche-Tard

L'Association des marchands, dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ) s'inquiète de l'éventualité que la chaîne Couche-Tard obtienne le mandat exclusif de vendre du cannabis récréatif au Québec.

«Dans la sortie que le président de Couche-Tard a faite ce printemps, il souhaitait avoir le mandat exclusif. Plusieurs de mes 1000 membres seraient intéressés à vendre eux aussi», a déclaré Yves Servais, directeur général de l'AMDEQ.

Aux questions des élus participants, M. Servais a cependant répondu qu'il serait compliqué pour ses membres d'imposer que les employés soient âgés d'au moins 18 ans ou que les établissements ne soient pas à proximité des écoles.




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