Le débat sur le bouclier antimissile relancé à Ottawa

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Les élus tâcheront notamment de déterminer si le Canada devrait adopter le système continental de défense contre les missiles balistiques conçu par l'armée américaine.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le Canada doit-il se joindre au controversé bouclier antimissile américain? Le débat est relancé sur la colline du Parlement à Ottawa en raison de la menace qu'a laissé planer la Corée du Nord sur le continent nord-américain au courant de l'été.

Cette option écartée en 2005 par le gouvernement de Paul Martin figurera parmi celles à l'étude dans les prochaines semaines, le comité permanent de la défense nationale ayant adopté mardi une motion qui prévoit la tenue de consultations publiques sur l'enjeu nord-coréen.

«L'enjeu du système de défense contre les missiles balistiques sera très certainement soulevé compte tenu du fait que la Corée du Nord a joué avec des missiles [pendant l'été]», a souligné un député libéral qui siège au comité, Mark Gerretsen.

Il n'a pas voulu dire quelle était la position du gouvernement sur cette question, mais il a dit croire, à titre personnel, que «considérant ce qui se passe dans le monde actuellement, peut-être est-ce le temps de se demander si le Canada devrait en faire partie ou pas».

Les députés conservateurs qui siègent au comité n'ont pas voulu non plus se prononcer au nom de leur parti. Mais selon le porte-parole associé de l'opposition en matière de défense, Pierre Paul-Hus, il est «sûr» que depuis 2005, «la menace nord-coréenne est de plus en plus confirmée».

Et si Pyongyang visait l'Amérique du Nord avec un tir de missile balistique, le Canada n'aurait pas voix au chapitre au moment de réagir, a-t-il souligné : «On ne fait pas partie du programme, donc s'il y a une attaque quelconque, les Américains sont seuls à prendre la décision».

Dans le camp néo-démocrate, on est moins ouvert à l'idée de joindre ce controversé programme. À son entrée au comité, la députée Hélène Laverdière a fait valoir que cela ne ferait qu'envenimer la situation et qu'Ottawa devait concentrer plutôt ses énergies sur le front diplomatique.

«Ce genre de système de défense ne fait qu'encourager des pays comme la Corée du Nord - mais aussi la Chine ou la Russie - à améliorer leur système, et cela ne fait que mener à une escalade», a-t-elle plaidé dans les couloirs du parlement.

«Je ne crois pas que la participation ou la non-participation du Canada au bouclier antimissile ait une influence réelle sur l'augmentation de la menace nord-coréenne, a offert Mme Laverdière. Ce sur quoi nous devons travailler collectivement est le désarmement nucléaire.»

Pas de décision

L'attachée de presse du ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a rapidement tenu à préciser, mardi après-midi, qu'il ne fallait pas interpréter la déclaration du député Mark Gerretsen comme un signe que le gouvernement avait fait son nid sur la question du bouclier antimissile.

«La modernisation du NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord) est un sujet vaste qui tient compte d'une grande diversité de menaces, et je ne voudrais pas présupposer les résultats de son déroulement», a écrit Jordan Owens dans un courriel.

Cette rare rencontre estivale du comité de la défense survenait dans la foulée de l'escalade des tensions entre Washington et Pyongyang découlant des essais de tirs de missiles balistiques intercontinentaux du régime nord-coréen au début du mois.

Les tensions ont été exacerbées par la rhétorique enflammée du président américain Donald Trump et du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, qui ont échangé pendant plusieurs journées consécutives menaces et ultimatums.

Avant même que la situation ne se détériore à ce point, le gouvernement de Justin Trudeau avait annoncé, au printemps 2016, qu'il lançait des consultations afin de se pencher à nouveau sur la participation du Canada au bouclier antimissile américain. L'ancien premier ministre Paul Martin avait peu après salué l'ouverture de son successeur dans une entrevue au quotidien La Presse.




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