Cagoule et burqa: Labeaume a établi un lien inapproprié, dit Barrette

Le ministre Gaétan Barrette a jugé qu'il n'y... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le ministre Gaétan Barrette a jugé qu'il n'y avait pas de lien à faire entre burka et cagoule, en réponse au commentaire du maire de Québec, Régis Labeaume.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Le maire de Québec établit un lien inapproprié en renvoyant dos à dos des casseurs cagoulés ou masqués et les femmes portant un vêtement religieux cachant leur visage, estime le ministre Gaétan Barrette.

Lundi, Régis Labeaume a proposé au gouvernement Couillard de pousser plus loin son projet de loi sur la neutralité religieuse en élargissant à tout l'espace public la règle du «visage découvert» - à la rue, donc. Il juge insuffisant le projet de loi 62, qui prévoit que seules la prestation et la réception des services publics de l'État se déroulent à visage découvert.

«On ne devrait pas permettre à quiconque de se cacher le visage dans l'espace public. Pour moi, la cagoule d'un casseur de la bande de Jaggi Singh et le niqab ou la burqa, c'est la même affaire», a lancé le maire en faisant référence aux échauffourées ayant éclaté dimanche en marge d'un rassemblement du groupe La Meute. Des militants d'extrême gauche s'en sont notamment pris à des policiers.

«M. Labeaume a fait un lien qui était, disons...», a commencé le ministre de la Santé et des Services sociaux avant de préciser sa pensée. Le maire a parlé de deux choses totalement distinctes, a-t-il insisté : «Il y a une distance quand même entre les deux sujets et je pense que cette distance a été franchie probablement de façon inopportune.»

En ce qui a trait à la neutralité religieuse à proprement parler, Gaétan Barrette a réitéré le message de sa collègue de la Justice, Stéphanie Vallée, et de son gouvernement : le projet de loi 62 ne sera pas élargi dans la direction proposée par M. Labeaume. Il concerne et concernera la prestation et la réception des services publics de l'État. Pas les déplacements dans les rues ou l'entrée dans les commerces.

Un règlement charcuté

Ce qui «s'est passé à Québec n'a rien à voir» avec les débats sur le port de symboles religieux, a-t-il martelé. Ce à quoi l'on a assisté dimanche, c'est «à une perturbation de la vie publique causée par des gens qui ont choisi de se masquer pour perturber la vie publique».

«Je ne pense pas qu'il y ait un politicien qui soit heureux de voir des gens masqués dans des manifestations et je m'inclus là-dedans.» Le ministre n'a cependant pas voulu dire si le gouvernement devait interdire le port de masques ou de cagoules lors des manifestations.

D'autres au sein du gouvernement indiquent qu'un tel interdit pourrait être cassé par les tribunaux.

En juin 2016, la Cour supérieure a invalidé une disposition d'un règlement de la Ville de Montréal interdisant le port d'un masque lors d'une manifestation. Elle a jugé que cette règle contrevenait aux droits fondamentaux. Le règlement avait été adopté sous l'administration de l'ex-maire de la métropole Gérald Tremblay pendant les contestations étudiantes de 2012. La juge Chantal Masse a dénoncé sa portée trop large.

Une CAQ modérée

À la Coalition avenir Québec, le député Simon Jolin-Barrette confie que ce jugement démontre les difficultés de proscrire le port de masques ou de cagoules dans les manifestations. Mais si le gouvernement décidait malgré tout d'aller dans cette direction, il ne s'y opposerait pas a priori, car il s'agit d'un sujet de sécurité.

À ses yeux, par contre, il ne saurait être question de bannir le voile intégral de l'espace public. Il évoque des difficultés d'application. La CAQ s'en tiendra donc à sa demande d'interdire le port de symboles religieux pour les représentants de l'État en position d'autorité.

Le PQ veut étudier la question

Le Parti québécois veut se pencher sur le port du voile intégral dans l'espace public - c'est-à-dire dans les rues et les commerces.

Comme Jean-François Lisée l'avait exprimé durant la course à la direction, la formation politique propose qu'une équipe de parlementaires et d'experts soit chargée d'examiner les expériences étrangères concernant le bannissement de la burqa et du niqab de l'espace public. Et qu'un éventuel gouvernement péquiste statue par la suite.

Cette proposition ne figure toutefois pas parmi celles sur lesquelles les délégués du prochain grand congrès du Parti québécois auront à se prononcer, dans moins de trois semaines.

Sans se commettre sur le fond, la députée Agnès Maltais soutient qu'il convient au moins de faire le tour de la question de cette idée de bannir le port du voile intégral dans l'espace public.

En France, où une loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public a été adoptée en 2010, le bilan paraît contrasté. Les forces policières disent avoir mieux à faire que de distribuer des contraventions aux contrevenantes. Elles ont aussi fait valoir la difficulté qu'il y a à appliquer cette loi promulguée sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Selon certains, elle accentue le repli de certaines femmes sur leur communauté.

Pour d'autres, au contraire, elle a son utilité.

Plus tranchée

Agnès Maltais est beaucoup plus tranchée sur le port de cagoules ou de masques par des manifestants décidés à en découdre. «Je n'en peux plus» de ces «bandes de jeunes», lâche-t-elle. «Ça tue la liberté d'expression.»

La députée de Taschereau n'ignore pas la décision de la Cour supérieure concernant un règlement montréalais ad hoc. Mais elle assure que ce débat ne peut être considéré comme clos. 




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