Entrevue avec la ministre Mélanie Joly: Québec à coeur

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, n'annonce pas toutes ses visites à Québec. Puisque son conjoint y est originaire, la Montréalaise vient souvent en douce et profite de sa vie culturelle «extraordinaire».

La semaine dernière, elle était de passage pour donner le coup d'envoi aux Grands voiliers. Le Soleil en a profité pour faire le point sur quelques dossiers.

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L'importance de la ville de Québec sur le plan culturel

«Québec est extraordinaire!» s'exclame Mélanie Joly d'entrée de jeu. Sur le plan de la création, elle cite les incontournables : Robert Lepage, l'École du Cirque et l'Orchestre symphonique de Québec. 

En matière d'infrastructures, le nouveau pavillon Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec, le Théâtre Le Diamant en construction, les ateliers d'Ex Machina et, encore une fois, l'École de Cirque font partie de ses favoris.

«Je pense que tout est à Québec pour que les gens soient attirés par la ville pour venir découvrir la culture et en même temps, pour que les oeuvres d'ici puissent être exportées partout à travers le monde», fait valoir celle qui considère le Festival d'été de Québec «comme un des plus grands rassemblements du pays [...] qui fait partie du calendrier des gens de Québec».

Y est-elle déjà allée? «Oui, plus jeune [...] Je suis déjà venue à la Saint-Jean voir les Paul Piché, Jean-Pierre Ferland. J'aurais aimé être là quand Céline Dion et Ginette Reno ont chanté ensemble, mais j'ai trouvé les clips sur Internet. Ah oui, et j'étais là à Paul McCartney!»

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Le 150e du Canada et les autochtones

En juin, le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, a qualifié de «honte» le 150e anniversaire du Canada, et ce, même si son Pow Wow était inscrit dans la programmation officielle du ministère du Patrimoine et qu'il a reçu de l'argent d'Ottawa pour financer de nouvelles installations. Mais Mélanie Joly ne semble pas s'en être formalisée.

«Je pense que c'est important d'avoir un dialogue constructif et c'est certainement avec la main tendue que j'aborde notre relation pour toujours pouvoir l'améliorer», a répondu la ministre, qui dit comprendre le point de vue des autochtones sur la question du 150e «parce que la relation a été extrêmement difficile et qu'il y a eu des moments tragiques». 

A-t-elle été agacée? «De façon générale, les gens ont accès à des programmes. Les citoyens au pays ont accès à des programmes, s'ils remplissent les critères, ils ont accès à cet argent là et en même temps, leur projet était un bon projet. Et je pense que ça peut aider ultimement un meilleur dialogue entre les autochtones et les non autochtones.»

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La relation avec la communauté musulmane de Québec

Mélanie Joly a «foi en les Québécois». Conséquemment, elle condamne toute forme de propos ou actes haineux comme le dépôt d'un colis suspect devant le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) la semaine dernière. 

«Je sais profondément qu'ils [les Québécois] sont hospitaliers, ouverts, qu'ils célèbrent la diversité parce que je l'ai vu de mes yeux vu. Je l'ai vu, que ce soit en me promenant partout à travers le pays ou la province ou lors des événements tragiques à la mosquée de Québec.» 

La ministre du Patrimoine se dit par ailleurs déçue du résultat du référendum à Saint-Apollinaire «parce qu'il va de soi que la communauté doit pouvoir avoir un endroit où elle va pouvoir enfin commémorer ses morts».

Selon elle, plus les réalités des différentes communautés seront connues, meilleur sera le dialogue. «Parce qu'ultimement, tout le monde au Québec veut vivre en saine cohésion sociale.»

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Le déménagement des artéfacts de Québec à Gatineau

Même si elle est ministre du Patrimoine, le dossier des artéfacts de Parcs Canada à Québec est celui de sa collègue à l'Environnement. Mais Mélanie Joly dit être «préoccupée» par la question qu'elle suit de «très près». 

Cet hiver, Le Soleil révélait qu'Ottawa avait toujours l'intention d'aller de l'avant avec le déménagement des artéfacts de Parcs Canada entreposés à Québec dans un nouveau centre qui sera construit à Gatineau et où seront regroupées de nombreuses collections au pays. La nouvelle a fait bondir tous les acteurs culturels de la région et l'ensemble des partis à l'Assemblée nationale.

«J'entends la préoccupation des gens interpellés par le dossier, j'ai eu l'occasion d'en parler avec ma collègue la ministre de l'Environnement. C'est un dossier que je suis de très près, je comprends l'impact de maintenir les artéfacts ici et ça va me faire toujours un plaisir de collaborer avec mes collègues Jean-Yves Duclos et Joël Lightbound», a assuré Mme  Joly, soulignant qu'il était important d'avoir des infrastructures et des bons emplois dans le domaine partout à travers le pays. 

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La nouvelle politique culturelle canadienne

À l'issue d'une importante consultation, Mélanie Joly doit annoncer cet automne la nouvelle politique culturelle canadienne qu'elle promet moderne et adaptée à la nouvelle façon dont les citoyens s'informent et se divertissent. 

La ministre du Patrimoine se dit particulièrement préoccupée d'assurer une «diversité des voix sur les différentes plateformes numériques» et aussi «qu'on puisse s'assurer d'avoir de la musique, des films, des téléséries faites ici pour des gens ici sur nos réseaux de radiodiffusion» et, encore une fois, sur les Netflix, Google et Facebook de ce monde. 

Mais elle ne laisse filtrer aucun indice sur la façon dont elle entend y parvenir, si ce n'est la volonté de trouver un terrain d'entente. «Moi, ce que je recherche, c'est de l'impact, comment je suis capable d'avoir les grands joueurs à la table pour participer à notre contenu», explique-t-elle, faisant valoir qu'il est impossible d'imposer une législation à des entreprises hors des frontières du pays.

Mme Joly exclut également la possibilité d'imposer une «taxe Netflix», soit un prélèvement sur les services numériques offerts au pays. Quant au soutien financier que les médias réclament, elle dit toujours réfléchir à la question. «Il va de soi qu'on croit à l'importance des médias pour soutenir notre démocratie et en même temps on doit s'assurer de respecter leur indépendance», soutient-elle, rappelant qu'Ottawa investit déjà en soutenant Radio-Canada et CBC ainsi que par l'intermédiaire d'un fond des périodiques qui vient en aide aux magazines et hebdomadaires.




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