La forêt est mal gérée, dénoncent les ingénieurs 

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Les ingénieurs forestiers déplorent que Québec injecte chaque année 200 millions $ de fonds publics en travaux sylvicoles sans s'assurer qu'il en a pour son argent.

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(Québec) Les ingénieurs forestiers déplorent que Québec injecte chaque année 200 millions $ de fonds publics en travaux sylvicoles sans s'assurer qu'il en a pour son argent.

Le président de l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec (OIFQ), François Laliberté, croit qu'il est grand temps que le gouvernement s'intéresse aux retombées de sa gestion de la forêt sur les terres publiques. Il interpelle le ministre des Forêts, Luc Blanchette, dans l'espoir qu'il entreprenne une «réforme majeure» du secteur. 

M. Laliberté partage les constats émis par le Vérificateur général dans son rapport déposé au printemps. Le ministère n'effectue pas un suivi adéquat des travaux effectués par les ingénieurs en forêt - reboisement, dégagement, préparation de terrain, planification - pour évaluer leurs impacts et leur pertinence. 

«Ce manque de suivi ne nous permet pas de faire notre travail pleinement, constate M. Laliberté. On a besoin de connaître les effets de nos décisions. C'est très important.»

Conséquences de la situation actuelle, selon lui : les prévisions et hypothèses sur lesquelles se base Québec dans ses choix d'aménagements actuels et futurs sont appuyées sur des «données partielles». Les volumes de coupes octroyés aux entreprises peuvent donc être surévalués, ou le contraire. Et le gouvernement ne sait pas s'il investit assez ou pas dans les travaux sylvicoles qui visent à assurer une exploitation durable et profitable de la ressource forestière. 

Les ingénieurs sont aussi irrités par la «culture de gestion en silo» où plusieurs «sous-organisations prennent des décisions chacune de leur côté», dit M. Laliberté. Le président de l'OIFQ suggère que chaque zone d'aménagement forestier soit sous la supervision d'un ingénieur forestier imputable du résultat des travaux sylvicoles qui y sont effectués. 

«Notre forêt se porte bien, mais elle pourrait certainement se porter mieux et contribuer davantage à la prospérité du Québec», estime M. Laliberté.




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