Un rapprochement «inacceptable» avec l'ère Charest, selon Couillard

À l'heure du bilan d'une session mouvementée, vendredi,... (La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

Agrandir

À l'heure du bilan d'une session mouvementée, vendredi, le premier ministre Couillard a remballé une question au sujet de l'enquête de l'UPAC concernant M. Charest et de son impact sur la marque libérale.

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Philippe Couillard juge «totalement inacceptable» que ceux parmi ses ministres qui oeuvraient auprès de Jean Charest soient associés injustement à des dérives éthiques.

À l'heure du bilan d'une session mouvementée, vendredi, le premier ministre a remballé une question au sujet de l'enquête de l'UPAC concernant M. Charest et de son impact sur la marque libérale. 

«Depuis que je suis chef du parti, il n'y a rien, pas d'élément concret, a déclaré M. Couillard. De dire que des gens qui étaient présents à une autre époque, que par association, on serait coupable, c'est totalement inacceptable.»

Beaucoup d'encre a coulé au cours des derniers mois au sujet de M. Charest, de l'ex-argentier Marc Bibeau, de la relation entre Marc-Yvan Côté et M. Couillard. 

Le premier ministre a préféré garder pour lui son opinion sur le traitement médiatique à son endroit. «Ce n'est pas du tout mon intention d'engager des polémiques avec les médias, a dit M. Couillard. C'est totalement inutile.»

Plusieurs crises ont secoué le gouvernement pendant la session: l'attentat de la mosquée de Québec, les inondations, la tempête sur l'autoroute 13 qui a entraîné des excuses du premier ministre. La grève des juristes a aussi ralenti le travail législatif, les conséquences de l'arrêt Jordan sur la durée des procès se sont fait ressentir, les hausses de salaire des dirigeants de Bombardier ont soulevé la controverse, l'élection de Donald Trump a changé la donne en matière de libre-échange... 

«La politique, ce n'est jamais un fleuve tranquille», a philosophé le premier ministre.

Pas de remaniement en vue

M. Couillard réitère qu'il n'est pas dans son «plan actuel» de procéder à un remaniement ministériel, mais qu'il est «toujours à la recherche de façons d'améliorer [son] équipe». La colline parlementaire est toujours riche de rumeurs à ce sujet. La dernière en date évoque un brassage des cartes en août. M. Couillard aime dire qu'il souhaite plus de femmes et de jeunes autour de la table. 

M. Couillard s'étonne que la question d'une élection hâtive, aussi tôt qu'à la fin de l'été, lui soit encore posée. «Prenez vos vacances tranquillement, a dit M. Couillard. On a fait une loi sur les élections à date fixe, les élections auront lieu à la date prévue», soit le 1er octobre 2018.

***

Le bilan de la session, selon les partis d'opposition

  • Le PQ va faire le plein de solidaires selon Lisée
Les négociations avortées entre le Parti québécois et Québec solidaire ont donné «un signal clair de rassemblement» des progressistes autour du PQ, estime le chef Jean-François Lisée. Le manque de «pragmatisme» des délégués solidaires est devenu flagrant aux yeux «d'anciens candidats», «électeurs» et «militants» de QS qui rejoignent le PQ, affirme M. Lisée.

«Le premier ministre n'arrête pas de faire la promotion de QS parce qu'il veut s'en servir comme marchepied vers le pouvoir», analyse-t-il. 

Le chef péquiste rejette l'idée que sa formation a perdu une partie de son identité en repoussant le référendum.

«On est des progressistes pragmatiques», a dit M. Lisée, «et on pense que les Québécois sont là».

Le gouvernement libéral a manqué une belle occasion d'adopter des lois pour faciliter l'intégration à l'emploi des immigrants après l'attentat de la mosquée de Québec, selon lui. 

«La stratégie de M. Couillard, c'est de laisser pourrir le problème pour essayer de diviser», a estimé M. Lisée. La CAQ a eu deux bons sondages, mais la «réalité du terrain» montre qu'elle recule lors des élections complémentaires, a analysé le chef péquiste. 

À son avis, le PQ a tracé une ligne éthique «très claire» en sanctionnant son député Gaétan Lelièvre pour une affaire de conflit d'intérêts non déclaré. Alors que le premier ministre n'a pas dit «la vérité» dans le dossier Marc-Yvan Côté. 

«Il a manqué à un test très facile d'intégrité», a déclaré M. Lisée. 

  • Legault se prépare à des élections hâtives
Le chef François Legault a demandé à ce que la machine caquiste soit prête pour des élections dès la mi-août. Il n'a aucune confiance en Philippe Couillard qui jure qu'il respectera la loi qui fixe le prochain scrutin au 1er octobre 2018. 

«Je pense que le PLQ va essayer d'ouvrir une fenêtre», a-t-il affirmé. M. Legault reconnaît qu'il a joué un rôle plus effacé pendant la dernière session pour «montrer davantage l'équipe de la CAQ» et «être présent sur le terrain». Deux sondages ont placé la CAQ devant le PQ dans les intentions de vote au cours des derniers mois. 

«Je considère que j'ai juste un adversaire, c'est le PLQ», a affirmé le chef Legault. Il convient que son parti a beaucoup de travail à faire pour percer à Montréal et ailleurs en région. Le chef constate qu'il «y a une attirance pour la CAQ à Québec». 

M. Legault refuse de se fixer un objectif de candidatures issues de la diversité culturelle. Et il ne peut dire si le député de Groulx, Claude Surprenant, exclu de son caucus pour des dépenses douteuses, se présentera sous la bannière caquiste au prochain scrutin. 

  • QS est «prêt à former le gouvernement», dit Nadeau-Dubois
Québec solidaire n'est pas là uniquement pour amener de bonnes idées, organiser des soupers spaghetti, des épluchettes de blé d'Inde ou des bingos, martèle Gabriel Nadeau-Dubois.

«C'est très clair, a-t-il lancé. Après une dizaine d'années, là, Québec solidaire est prêt à former un gouvernement». Il ne prétend pas être aux portes du pouvoir, mais l'intention est «claire». 

Cette session, la première depuis la démission de Françoise David, a été «charnière», a souligné la députée Manon Massé, qui a notamment rappelé le sauvetage de sa circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques. 

De son côté, la députée indépendante de Vachon et chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, avant vanté sa première session de «transparlementarisme». Elle juge que la crise qui a mené le Bloc au bord de l'implosion appartient au passé.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer