Des élections anticipées? Ben voyons!

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(Québec) DÉCODAGE / Malgré les démentis répétés de Philippe Couillard, le chef caquiste, François Legault, continue de croire (ou de faire mine de croire) que le gouvernement pourrait déclencher des élections anticipées - avant octobre 2018, donc. Mais est-ce possible? Techniquement, oui. Politiquement, non.

La loi sur les élections à date fixe a été présentée par Bernard Drainville en novembre 2012. Elle a été adoptée à l'unanimité en juin 2013.

Elle stipule que «les élections générales ont lieu le premier lundi du mois d'octobre de la quatrième année civile suivant les dernières élections», rappelle le Directeur général des élections du Québec.

Attention, toutefois, elle «n'a pas pour effet de retirer le pouvoir du lieutenant-gouverneur de dissoudre l'Assemblée nationale avant l'expiration du délai de quatre ans»... Autrement dit, à la demande d'un gouvernement, le lieutenant-gouverneur peut effectivement ordonner la tenue d'élections générales. Il revient alors au premier ministre de déterminer la date du scrutin.

Mais il faudrait qu'il y ait une situation de crise pour que Philippe Couillard puisse faire fi de la logique instaurée par la loi. À défaut, il en paierait un prix politique. Le Québec n'est pas dans une situation de gouvernement minoritaire, comme l'était celui de Pauline Marois.

Son meilleur segment

Tout est relatif, mais le gouvernement de Philippe Couillard, depuis janvier, a probablement connu son meilleur segment politique et parlementaire depuis son arrivée au pouvoir.

Il y a eu les éclats découlant de courriels obtenus par Québecor et tournant autour du sulfureux Marc-Yvan Côté.

Cela n'a pas été une si grande session parlementaire du point de vue législatif. Mais on peut dire la même chose d'à peu près toutes les sessions depuis des années. Rares sont celles où l'on adopte une loi du genre de celle sur l'aide médicale à mourir.

L'époque est plus à des projets de loi qui ajustent les choses qu'à ceux qui changent les paradigmes.

N'empêche. Pour le gouvernement, ce premier semestre de l'année s'est mieux déroulé que celui de 2016, qui avait été calamiteux. N'écrivons que le nom de Jacques Daoust pour s'en souvenir.

Six faits

Relevons six faits marquants survenus depuis janvier. D'abord, la présentation du quatrième budget de Carlos Leitão. Il a ouvert la porte à des réinvestissements en éducation et à une baisse du fardeau fiscal - ce qui ne compense pas les «dégâts» des dernières années, clament les partis d'opposition.

Pensons ensuite à la comparution de Robert Lafrenière en commission parlementaire. Le patron de l'UPAC a promis que l'enquête Mâchurer, qui concerne notamment l'ex-premier ministre Jean Charest et l'ex-grand argentier libéral Marc Bibeau, ira à son terme. Des épées de Damoclès continuent de flotter au-dessus de la marque du Parti libéral du Québec.

Mentionnons aussi le rejet par Québec solidaire du projet de convergence électorale, qui met fin à six ans de souque à la corde. Également, l'arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois à l'Assemblée nationale.

Aussi, la présentation par le gouvernement Couillard de son projet d'«affirmation nationale». À ce sujet, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a encore fermé la porte jeudi à toute éventuelle ouverture de la Constitution.

Enfin, et c'est le fait majeur des derniers mois, ce terrible attentat perpétré au Centre culturel islamique. La tuerie a créé une commotion partout, y compris, bien évidemment, dans le milieu politique québécois.

En fin de compte, cependant, le gouvernement d'un côté et les partis d'opposition de l'autre se sont accusés de nuire ou de ne rien faire pour contribuer à un meilleur vivre ensemble.

Souplesse... préélectorale

À ce stade-ci de leur mandat, rien ne serait pire pour des députés gouvernementaux que d'être en porte-à-faux avec des doléances fortes émanant de leur propre circonscription.

À la tête du gouvernement, on ne voit donc désormais que des avantages à ce qu'ils relaient des pétitions qui interpellent directement l'«exécutif». Leurs audaces sont relayées chez eux, ce qui ne peut que les aider.

C'est ainsi qu'on a pu entendre ces derniers jours le député Norbert Morin, de Côte-du-Sud, présenter une pétition réclamant le maintien des services de santé de proximité dans la MRC de Kamouraska. Et une autre demandant à son gouvernement d'exiger «plus de contenu local dans tous les projets d'infrastructures de transport». Le député libéral de Pontiac, André Fortin, a déposé une pétition identique.

Une souplesse gouvernementale toute préélectorale.

Des citoyens au Parlement

Inviter des citoyens à l'Assemblée nationale est une tendance qui s'accentue chez les partis d'opposition.

Lundi, accompagné de Québécois atteints de maladies rares, le caquiste François Paradis a réclamé du gouvernement une stratégie nationale ad hoc.

Mardi, les péquistes Alexandre Cloutier et Dave Turcotte ont ouvert les portes de l'Assemblée nationale à des personnes lourdement handicapées de la Maison Jean-Eudes-Bergeron, à Alma.

Mercredi, le solidaire Amir Khadir était accompagné de jeunes adultes multihandicapés. Ils ont réclamé la mise en place de ressources adaptées à leurs conditions.

Dans un tout autre domaine, des fromagers étaient auprès du chef péquiste Jean-François Lisée le même jour, toujours à l'Assemblée nationale.

Un test

Les premiers ministres des provinces et des territoires se rencontreront à Edmonton le mois prochain.

Malgré l'accueil plutôt glacial qu'il a reçu de ses homologues jusqu'ici, Philippe Couillard pourra difficilement ne pas en profiter pour faire la promotion de son document d'«affirmation» sur l'avenir du Québec et du Canada. Il devra s'employer à faire tomber des barrières. Ce sera comme un test.

On sait aussi qu'il juge trop serrée l'échéance sur la légalisation de la marijuana, fixée par Ottawa au 1er juillet 2018. Parviendra-t-il à convaincre ses homologues de plaider en groupe auprès de Justin Trudeau pour qu'il repousse cette date?




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