Le PQ agite «le chiffon linguistique», dit Couillard

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Le chef du PQ, Jean-Francois Lisée

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) «Quand ça va mal» pour lui, le Parti québécois «agite soit le chiffon identitaire, soit le chiffon linguistique», a accusé le premier ministre Philippe Couillard, mercredi.

Le chef péquiste, Jean-François Lisée, veut «que le monde se sente inquiet, insécure, pour être certain que les gens soient persuadés qu'il y a une crise et une menace, a-t-il lancé. Il n'y a ni crise, ni menace. Notre nation est forte, confiante en elle-même. Elle n'a pas besoin des béquilles du chef de l'opposition officielle».

M. Lisée venait de présenter un projet de loi visant à «préciser dans quelles circonstances un employeur peut exiger, pour l'accès à un emploi ou à un poste, la connaissance d'une autre langue que la langue officielle».

Selon lui, son projet de loi colmate une brèche ouverte en octobre par la Cour d'appel (dans une cause émanant de Gatineau). Le jugement, analyse-t-il, permet à un employeur de «demander à tous ses salariés de connaître l'anglais au cas où quelqu'un le lui demanderait»; autrement dit, à partir d'une «simple probabilité que l'employé puisse occasionnellement être amené à rencontrer une clientèle anglophone».

«On a déposé un projet de loi pour rétablir le droit des salariés francophones de travailler en français, sauf exception balisée», a insisté le chef péquiste avant de faire valoir qu'«en 2008, 40% des employeurs de Montréal réclamaient l'anglais» et qu'en 2012, ce pourcentage avait grimpé à 60%. «Est-ce qu'il veut, lui [le premier ministre], que ce soit 100 %?»

«Alors, ça va bien...»

Le gouvernement Couillard conteste fermement que l'article 46 de la loi 101 ait été remis en question par les juges. Il continue et continuera de s'appliquer dans toute sa vigueur, argue-t-on.

«Elles existent déjà, les balises dans la loi», a tenu à exprimer le chef du gouvernement. «Il n'y a pas de crise linguistique, à moins qu'on veuille en créer une.»

Il a fait valoir que «la proportion de gens de langue anglaise qui connaissent le français est passée de 37% à 69% entre 1971 et 2011» et que celle des allophones connaissant le français a crû de 47% à 75%.

«Alors, ça va bien, le français. Les gens sont en sécurité. Ils se sentent confiants. Le Parti québécois est terrifié par le monde qui nous entoure. 'Ils' sont encore restés au siècle dernier.»

Lisée le martèlera

M. Lisée a annoncé avoir l'intention de répéter aussi souvent que possible que son adversaire «a osé parler de l'enjeu linguistique comme d'un chiffon. Soulever des inquiétudes sur les droits des salariés francophones au Québec, qui sont quand même 80 % de la population, pour Philippe Couillard, c'est un chiffon. L'histoire retiendra ça. Et je vais le citer, je vais le citer...».

Chez les libéraux, on voit une posture médiatique dans le courroux de M. Lisée.

En politique québécoise, le mot «chiffon» a un passé controversé. En janvier 2001, le péquiste Bernard Landry avait décidé de se priver de 18 millions$ d'Ottawa pour éviter la présence de l'anglais et d'unifoliés sur les sites du futur aquarium et du nouveau zoo de Québec (ce dernier n'a jamais vu le jour, on le sait).

«Nous ne sommes pas à vendre, avait déclaré le vice-premier ministre d'alors. Le Québec n'a pas l'intention de faire le trottoir pour des bouts de chiffons rouges ou pour d'autres raisons.»




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