Effusion de joie au Parlement

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(Québec) DÉCODAGE / Élection de Gabriel Nadeau-Dubois, loi spéciale tombant sur les travailleurs de la construction, incursion de Philippe Couillard sur un thème inattendu - celui des vacances - Marc-Yvan Côté..., et, toujours cette semaine, une adoption célébrée, celle de la loi visant à lutter contre la maltraitance des aînés.

Les médias démontrent régulièrement que les bonnes nouvelles et les événements non spectaculaires ne font pas les manchettes, même s'ils sont importants. Le bien ne fait pas de bruit, dit-on.

Une preuve de plus avec l'adoption, mardi, à l'unanimité des membres de l'Assemblée nationale du projet de loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité.

Après le vote, députés et ministres ont longuement ovationné l'événement.

La ministre Francine Charbonneau et le péquiste Harold Lebel se sont fait une vraie accolade, tout heureux qu'ils étaient d'avoir mené le train jusqu'à la gare.

Mme Charbonneau et M. Lebel sont ensuite allés féliciter le caquiste François Paradis, qui a pris part à l'aventure. Fait totalement inusité, la ministre libérale et son vis-à-vis de l'opposition officielle se sont même rendus ensemble au bureau du lieutenant-gouverneur pour la sanction du projet de loi.

Les insuccès de tous

Le document d'«affirmation du Québec» intitulé Québécois, c'est notre façon d'être Canadiens est apparu comme une surprise aux yeux de plusieurs. Pourtant, Philippe Couillard n'avait pas caché, dès décembre, que son gouvernement présenterait à l'occasion du 150e anniversaire de la fédération sa «vision» du Canada. Il avait même déjà révélé le titre du document.

Après le «non» décoché par Justin Trudeau, M. Couillard a insisté sur un aspect précis de son message : il ne sera pas question de pourparlers constitutionnels avant belle lurette, mais plutôt de «dialogue», de «reprise de contact», avec la «société civile» canadienne.

Le pari est-il risqué lorsqu'on ne se fixe aucun échéancier ? Pour ce gouvernement, le document a le mérite de camper une position constitutionnelle. Il peut dire qu'il sait où il veut aller, qu'il a une destination. Il martèlera qu'elle correspond à ce que veulent une majorité de Québécois.

Au chef péquiste qui lui répétera que cette énième tentative de réforme est vouée à l'échec, M. Couillard répétera que le projet indépendantiste a été rejeté par une majorité de Québécois. Et que la stratégie de «gouvernance souverainiste» du gouvernement Marois n'a pas trouvé beaucoup d'écho au sein de la population.

En ces matières, les insuccès des uns répondent aux insuccès des autres.

Division ou «pluralité»?

Jean-François Lisée n'en finit plus de tomber à bras raccourcis sur Québec solidaire. Pour lui, Gabriel Nadeau-Dubois est un allié objectif des libéraux.

Le fait est que le chef libéral contenait mal sa joie au lendemain de l'élection du solidaire. «Je suis content qu'à l'Assemblée nationale, on ait un reflet de la pluralité politique du Québec», a-t-il dit.

Là où les péquistes voient une division du vote favorisant les libéraux, M. Couillard préfère voir l'expression de la diversité des opinions politiques. Le résultat est le même.

Une observation : si le Parti québécois gagne les élections d'octobre 2018, mais qu'il est minoritaire, il pourrait bien avoir besoin de la collaboration de Québec solidaire. Et même - pourquoi pas? - devoir ouvrir la porte à un gouvernement de coalition avec QS.

Soigne ta gauche!

Philippe Couillard a surpris en suggérant que ce serait une bonne chose de bonifier le régime de vacances des Québécois assujettis à la Loi sur les normes du travail.

Il s'agit d'un vrai sujet malheureusement toujours éludé à l'Assemblée nationale. C'est que la plupart des parlementaires viennent d'un monde où personne, sauf lorsqu'il est jeune et qu'il commence à travailler, n'est assujetti à ces «normes».

La dernière fois qu'un responsable politique québécois avait suggéré d'offrir plus de vacances aux travailleurs précaires, c'était il y a 14 ans. Le premier ministre Bernard Landry en avait lancé l'idée en 2003. Malheureusement, c'était à des fins électoralistes. C'était une bouée de sauvetage désespérée pour un gouvernement sortant qui filait tout droit vers les banquettes de l'opposition.

Des sujets comme ceux-là méritent d'être débattus.

On s'en souviendra...

«On s'en souviendra aux prochaines élections!», a scandé la rue lorsque le gouvernement a forcé, en début de semaine, l'adoption du projet de loi 142, obligeant les travailleurs de la construction à retourner sur les chantiers. C'est un hasard, mais en décembre 2005, un autre projet de loi numéroté 142 avait fait couler beaucoup d'encre.

Il imposait les conditions de travail d'une grande partie des employés des secteurs public et parapublic. Les syndiqués promettaient qu'ils s'en souviendraient «aux prochaines élections». 

Le gouvernement Charest est certes devenu minoritaire en 2007, mais il n'a pas perdu le pouvoir. Le PQ, qui appuyait les syndiqués, n'avait pu profiter de la situation. Il s'était classé troisième, derrière l'Action démocratique du Québec.




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