Bernier n'a aucun regret

Le nouveau chef du Parti conservateur du Canada,... (Photo archives La Presse canadienne, Fred Chartrand)

Agrandir

Le nouveau chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a serré la main de Maxime Bernier lundi durant la période de questions à la Chambre des communes.

Photo archives La Presse canadienne, Fred Chartrand

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Maxime Bernier est déçu, un peu fatigué, mais il n'a aucun regret et il se porte en faux contre ceux qui estiment qu'il a commis une erreur en faisant campagne contre la gestion de l'offre.

«Je regarde le côté positif aujourd'hui», a déclaré le député de Beauce en entrevue au Soleil, à sa sortie de la réunion du caucus du parti à Ottawa. «On a créé un mouvement au sein du Parti conservateur où on était prêt, à 49 %, à faire de grandes réformes. Ça me donne une légitimité pour continuer à l'intérieur du parti. Il va y avoir un congrès dans un an et quelques mois à Halifax, et peut-être que ces idées-là vont être débattues sur le parquet.»

Contrairement à l'impression laissée par les images télévisées du décompte des votes, M. Bernier n'avait pas été prévenu de sa défaite. «Certains disent que je le savais parce que j'avais un visage différent, mais ils ne nous avaient pas donné les résultats à l'avance. Quand on s'est retrouvé à 2 points d'écart avec Andrew, mon équipe m'a dit : Maxime, on a maintenant 50 % des chances de l'emporter. J'ai toujours cru que je pouvais l'emporter. Mais pour la première fois, j'ai imaginé un scénario où je ne gagnais pas la course. C'est pour ça que je n'avais pas la même expression faciale quand je me suis rassis.» C'est à ce moment que Bernier a prévenu sa femme Catherine et ses filles de la situation.

Le député estime qu'à 49 % des voix, c'est une défaite honorable. «Et si je suis heureux, c'est que je n'ai pas fait de compromis avec mes idées, avec nos principes. C'est ce qui a fait en sorte que ma campagne a été populaire.»

Il se défend d'avoir fait une erreur sur la gestion de l'offre. «Ce n'est absolument pas une erreur. C'était calculé. Comme je l'avais dit au début, je ne pouvais pas prôner le maintien de la gestion de l'offre tout en prônant le libre marché. Donc, pour être cohérent avec moi-même, c'était important de plaider l'abandon de la gestion de l'offre en sachant que c'était mauvais pour les consommateurs canadiens.»

Établir sa crédibilité

Maxime Bernier ajoute que sa position visait aussi à établir sa crédibilité. «C'était important pour démontrer aux autres Canadiens, aux Canadiens de l'Ouest surtout, qu'on n'avait pas peur de s'attaquer aux vaches sacrées quand ces vaches sacrées ne sont pas dans l'intérêt des consommateurs. Et ça, dès le début de la campagne, ça m'a donné beaucoup de crédibilité.»

«Je savais, ajoute Bernier, que le risque était là. Ces gens-là ont défendu leurs intérêts personnels et je savais que c'est ce qu'ils allaient faire, c'est la nature humaine. Mais ma campagne était basée sur la défense des intérêts de la majorité silencieuse, sur la défense des intérêts de l'ensemble des Canadiens et non pas des groupes d'intérêts particuliers, comme ceux des gens qui bénéficient de subventions aux entreprises, et ceux qui sont sur la gestion de l'offre.»

Le député fait valoir que sa plateforme offrait des positions plus équitables «en disant non à la façon habituelle de faire de la politique, celle qui consiste à acheter des votes avec l'argent des contribuables pour gagner des élections. Nous, on n'a pas fait ça.»

Maxime Bernier signale enfin que la gestion de l'offre n'est pas le seul facteur qui a nui à sa campagne. «Oui, j'aurais peut-être pu l'emporter si je n'avais pas eu les producteurs laitiers contre moi, mais il y a une autre variable : les conservateurs sociaux ont voté en grand nombre, et leur deuxième choix n'était pas Maxime Bernier, mais Andrew Sheer. Andrew a fait un bond de 10 points quand Pierre Lemieux est tombé. Alors, ça aussi, on peut l'analyser de plusieurs façons, mais pour moi, ce sont les deux causes majeures.»

Son avenir

Que lui réserve l'avenir? Bernier ne montre aucun empressement. Il a eu une conversation téléphonique avec Andrew Scheer, et ils ont convenu de se rencontrer cette semaine ou la semaine prochaine. «Je vais certainement avoir un rôle au sein du parti, on n'a pas eu le temps d'en discuter, et on regardera ça ensemble quand le temps viendra. Je sais qu'Andrew va faire le remaniement de son cabinet fantôme au cours de l'été, et on aura le temps de se parler d'ici là.»

Lundi matin, tous les candidats ont participé à la réunion du caucus des députés à Ottawa, ce qui a permis à Bernier de réitérer son engagement de travailler avec le nouveau chef.

«J'ai dit à Andrew que j'avais fait une erreur en campagne en disant qu'élu chef, je voulais gagner 30 sièges au Québec. Mais j'ai ajouté que c'était une erreur, parce qu'on va gagner 40 sièges au Québec lui et moi ensemble. Les gens ont applaudi et on a ri. Et je pense qu'effectivement, en travaillant ensemble, Andrew et moi avec les autres députés du Québec, on a une belle opportunité de battre Justin Trudeau dans deux ans et demi.»

Tout au long de l'entrevue, Maxime Bernier n'a jamais tenté de cacher à quel point la défaite avait été amère. Mais il s'est dit heureux de sa campagne et heureux de ce qu'il a fait. 

«Oui, j'aurais aimé l'emporter, mais je me console là-dessus. Effectivement, c'est dur, mais passons à autre chose. Je tourne la page tranquillement sur cette campagne-là, pour ouvrir une nouvelle page dans mon rôle avec Andrew dans le parti.




À lire aussi

  • Le chef d'un parti écartelé

    Pierre Asselin

    Le chef d'un parti écartelé

    ÉDITORIAL / Le vote pour la chefferie conservatrice s'est décidé par une marge infime, mais il serait faux de dire que le Parti conservateur du... »

  • Maxime Bernier, collecteur de fonds émérite

    Politique

    Maxime Bernier, collecteur de fonds émérite

    Maxime Bernier n'a peut-être pas été élu chef du Parti conservateur du Canada, mais c'est lui qui a remporté la course du financement. »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer