Parti conservateur: les jeux sont (presque) faits

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Selon la plupart des sondages publiés récemment, c'est le député québécois Maxime Bernier qui fait office de favori.

La Presse canadienne, Nathan Denette

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Etobicoke

L'heure de vérité va bientôt sonner pour les candidats à la chefferie conservatrice. Mais en attendant le verdict des membres du parti, les 13 aspirants ont offert vendredi soir leurs derniers arguments de vente.

Tour à tour, ils sont montés sur scène pour y aller d'un dernier plaidoyer devant des centaines de militants rassemblés dans une salle du centre des congrès d'Etobicoke, en banlieue de Toronto.

Les candidats les plus applaudis ont été ceux qui sont dans le peloton de tête: le Québécois Maxime Bernier, l'Ontarien Erin O'Toole et le Saskatchewanais Andrew Scheer.

Le premier, qui domine les intentions de vote selon la plupart des sondages, a joué de prudence, se contentant de réitérer les valeurs de liberté, d'égalité et de libre marché qu'il a mises de l'avant tout au long de la campagne.

Le second a livré un discours parsemé de pointes d'humour et ponctué de salves à l'endroit de Justin Trudeau. «Le Canada n'a pas besoin d'une célébrité comme premier ministre. Nous avons besoin d'un chef compétent», a-t-il notamment raillé.

Le troisième a été le seul à consacrer une portion de son allocution spécifiquement au Québec, une province dont il a abondamment sillonné les routes au cours des derniers mois.

«Comme l'ensemble des Canadiens, les Québécois rejettent l'idée du Ottawa knows best [...] Et les Québécois sont découragés de voir à quel point Justin Trudeau est complètement déconnecté des enjeux qui touchent le Québec», a-t-il lâché.

Ils ont été suivis sur scène par les 10 autres candidats qui sont toujours en lice - Steven Blaney, Chris Alexander, Michael Chong, Kellie Leitch, Deepak Obhrai, Rick Peterson, Lisa Raitt, Andrew Saxton, Pierre Lemieux et Brad Trost.

Tous ont offert pendant les 10 minutes qui leur étaient allouées des discours assez conformes à ceux qu'ils ont mis de l'avant pendant ce marathon électoral.

Il faut dire que cette ultime opération séduction ne risque pas de faire bouger l'aiguille outre mesure.

Nombreux votes déjà enregistrés

Car les jeux sont essentiellement déjà faits - vendredi après-midi, quelque 132 000 des 260 000 membres avaient enregistré leur vote, et le parti ne s'attend pas à ce que l'on se bouscule au portillon samedi pour le vote en personne.

On saura samedi soir auquel des prétendants au trône conservateur les militants confieront la tâche de se mesurer à Justin Trudeau aux prochaines élections, prévues en 2019.

Croisé dans le hall d'entrée du centre des congrès quelques heures avant de monter sur scène, Andrew Scheer disait avoir «beaucoup de confiance» qu'il aurait «les bons résultats» samedi soir.

Il pense notamment avoir fait le plein de votes dans les régions rurales en se portant à la défense du système de gestion de l'offre que son adversaire beauceron Maxime Bernier veut faire passer à la trappe.

«Je sais que beaucoup de producteurs [agricoles] ont déjà voté, et je suis sûr que beaucoup d'entre eux ont voté pour moi, et pas seulement au Québec, mais aussi en Ontario et en Colombie-Britannique», a dit M. Scheer à La Presse canadienne.

Le candidat saskatchewanais a obtenu l'appui de quatre députés du Québec, plus que tout autre concurrent dans cette longue course à la chefferie.

L'élue Sylvie Boucher, l'une d'entre eux, pense avoir misé sur le plus «rassembleur» de tous. Elle affirme sans détour que son collègue de Beauce n'est pas celui qui parviendra à maintenir une nécessaire unité au sein du parti.

C'est pourtant Maxime Bernier qui - si l'on se fie à la plupart des sondages publiés récemment - fait office de favori pour diriger la formation laissée orpheline par le départ de Stephen Harper.

Dans le camp du Beauceron, d'ailleurs, la confiance règne. Son coprésident de campagne au Québec, le député Jacques Gourde, accepte même de se prêter au jeu des prédictions.

«Je crois qu'on va avoir 35 % au premier tour», a-t-il avancé vendredi après-midi, misant sur le report des premiers choix des membres qui appuyaient Kevin O'Leary - l'homme d'affaires a fait défection et invité ses partisans à voter Bernier.

«Si on a plus de 35 %, ça va être plus facile, et si on a en bas de 35 %, on va être plus nerveux, donc la soirée [de samedi] va être plus longue pour nous», a poursuivi M. Gourde.

Résultat difficile à prédire

Reste que compte tenu de l'importance des deuxièmes et troisièmes choix découlant du mode de scrutin préférentiel bien particulier pour lequel le PCC a opté, le résultat est difficile à prédire.

Plusieurs tours pourraient être nécessaires pour déterminer le vainqueur de cette course qui s'est échelonnée sur une quinzaine de mois.

Le chiffre magique : 16 901. C'est le nombre de points qu'un candidat devra accumuler pour être déclaré gagnant.

En vertu du système qui a été retenu pour cette course, chacune des 338 circonscriptions fédérales vaut 100 points. Le poids de chaque comté est le même, peu importe son nombre de membres.

Le Québec, avec ses 78 circonscriptions électorales, compte donc pour 7800 des 33 800 points, même si sa base militante est nettement moins imposante que celle d'autres provinces comme l'Alberta, notamment.

Le député Gourde calcule que la position abolitionniste de son poulain en matière de gestion de l'offre - impopulaire au Québec - coûtera «entre 2000, 2500» des 7800 points disponibles, et que Maxime Bernier s'en tirera donc avec un pourcentage d'appuis d'environ 45 % dans sa province natale.

Les spéculations feront place aux vrais résultats, ceux de l'urne, dans quelques heures à peine.

Les bulletins de vote postaux devaient être arrivés avant 17h, vendredi, pour être admissibles.

Il est toutefois possible d'enregistrer un vote en personne, sur le plancher du congrès, à Etobicoke, ou dans l'un des 13 bureaux de vote à travers le pays, jusqu'à 16h, samedi.

Le décompte se fera par tabulatrice de vote électronique, et le parti espère être en mesure d'annoncer le nom du gagnant en milieu de soirée.

Adieu à Rona Ambrose

Avant le dévoilement des résultats, les militants conservateurs prendront un moment pour dire adieu à la chef intérimaire Rona Ambrose.

La députée albertaine, qui a annoncé son départ de la vie politique après avoir maintenu le navire conservateur à flot, doit prononcer un discours après l'hommage qui lui sera rendu.

Il n'est pas prévu que l'ancien chef conservateur Stephen Harper soit de la partie afin de passer le relais à son successeur.

Son fils, Ben Harper, a cependant été aperçu dans les couloirs du centre des congrès d'Etobicoke.




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