Construction: une loi spéciale pour inspirer la peur

La loi spéciale que le gouvernement entend déposer... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

La loi spéciale que le gouvernement entend déposer serait plus musclée que celle du gouvernement Marois en 2013.

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La loi spéciale que mijote Québec si la grève perdure dans l'industrie de la construction devrait faire «assez peur» aux parties pour qu'ils préfèrent trouver un terrain d'entente, a appris Le Soleil.

Au premier jour du débrayage, mardi, la ministre du Travail, Dominique Vien, s'est déplacée à Boucherville pour assister à une rencontre entre les travailleurs et les patrons. 

«Le message que je veux livrer est qu'il vaut mieux avoir une entente négociée plutôt qu'une loi spéciale», a dit la ministre Vien au sortir de la réunion. Elle a prévenu qu'elle ne prendrait pas de «commandes» quant aux éléments à inclure dans la loi spéciale «s'il devait y en avoir une». 

«Je leur ai dit d'être très prudents», a prévenu la ministre Vien.

Selon nos informations, le cas échéant,, Québec entend déposer une loi spéciale plus musclée que celle du gouvernement minoritaire de Pauline Marois, en 2013. Cette loi avait reconduit les conditions de travail en place pendant un an, le temps de poursuivre les négociations.

Au gouvernement, personne n'a envie que la loi spéciale devienne un passage obligé. Il faut éviter qu'à toutes les négociations, chacun campe sur ses positions pour éviter de déplaire à ses membres en attendant que Québec légifère. 

«L'idée est de nous faire assez peur pour que, la prochaine fois qu'on négocie, on préfère s'entendre avant que le gouvernement s'en mêle», comprend une source syndicale. 

Une analyse partagée en tout point par une autre source près du dossier à Québec. Ainsi, parmi les scénarios envisagés, on retrouve celui de laisser une période de temps fixe pour trouver un règlement, après quoi le gouvernement déciderait lui-même des points de discorde qui seront tranchés par un arbitre. Un «flou» volontaire dans le projet de loi serait de nature à convaincre les négociateurs de s'entendre sur le plus d'éléments possible plutôt que de risquer une défaite devant l'arbitre. Plus le résultat va être incertain pour les parties, plus ils verront l'intérêt d'en arriver à un accord, nous fait-on valoir. 

Avant le dépôt du projet de loi, des articles pourraient être ajustés en fonction des différents blocages à la table de négociation. «Il est clair que l'un des buts de la loi, outre de mettre fin à la grève, est que la prochaine fois, les deux parties se disent : "On va s'entendre parce que la dernière fois, on en a trop perdu, des deux côtés"», nous dit-on. 

La question de la loi spéciale est reliée au «climat» à la table de négociations, a commenté le premier ministre Philippe Couillard, en mission en Israël. «Tant qu'il y a une énergie positive, d'accord, mais on ne laissera pas la grève durer très longtemps», a-t-il déclaré. 

Québec estime que la grève coûte 45 millions $ par jour à l'économie québécoise. Ce montant est calculé sur la base des pertes de salaire des travailleurs et de profit des patrons dans l'ensemble de l'industrie de la construction, incluant les fournisseurs. 

Mardi, alors que des représentants patronaux se disaient près d'une entente dans certains secteurs, le porte-parole de l'Alliance syndicale, Michel Trépanier, a demandé une proposition monétaire «globale» pour tous les secteurs (résidentiel, génie civil, industriel, institutionnel et commercial). 

«Si on avait été si proche que ça (d'une entente), on ne serait pas sorti en grève», a affirmé M. Trépanier.

Les discussions pourraient reprendre jeudi

Les négociations pourraient reprendre aujourd'hui, malgré le déclenchement de la grève dans l'industrie de la construction, mercredi matin à 5h.

L'Alliance syndicale a fait savoir, mercredi après-midi, qu'elle réunira d'abord ses constituantes pour faire le point au cours des prochaines heures, mais affirmait qu'elle serait «prête à négocier très bientôt». Du côté patronal, on assurait qu'on était prêt à poursuivre les discussions.

La grève touche 175 000 ouvriers, soit tous les secteurs : résidentiel, génie civil et voirie, institutionnel, commercial et industriel.

Les principaux points en litige varient selon le sous-secteur de l'industrie : les salaires, les horaires, les heures supplémentaires, la mobilité de la main-d'oeuvre, la conciliation travail-famille.

La négociation pourrait donc reprendre dès aujourd'hui, mais, du côté syndical, les rassemblements et manifestations prévus dès 6h du matin, aujourd'hui, étaient toujours au menu. Pas question, donc, de suspendre la grève en attendant.

Uniformisation des conditions de travail

Le porte-parole de l'Alliance syndicale, Michel Trépanier, a invité les parties patronales à «arrimer» leurs positions pour uniformiser les conditions de travail dans les différents secteurs.

«On ne refuse pas la demande de la ministre», de se rasseoir et de négocier, a-t-il assuré. «On va être prêt à négocier très bientôt pour en arriver à une entente négociée», a-t-il indiqué. «On va se réunir et mettre un calendrier en place. On va se parler en Alliance, en caucus.»

En entrevue, l'un des représentants patronaux, Éric Côté, de l'Association de la construction du Québec, a dit avoir senti de la bonne volonté de toutes parts au cours de cette rencontre avec la ministre Vien. «J'ai bon espoir que les discussions vont reprendre au plus tard demain [aujourd'hui]», a-t-il confié. Il voit une éventuelle loi spéciale comme «un risque», puisqu'«on ne connaît pas le contenu».  La Presse canadienne




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer