Le «populisme narcissique» dénoncé par une juge canadienne

Une juge de la Cour suprême du Canada... (AP, Evan Vucci)

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Une juge de la Cour suprême du Canada a livré un vibrant plaidoyer à une classe de finissants en droit d'une université américaine pour dénoncer l'injustice alimentée par le «populisme narcissique». Dans un discours qui semblait faire allusion aux actes et aux paroles du président américain, la juge Rosalie Abella n'a toutefois pas prononcé le nom de Donald Trump.

AP, Evan Vucci

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Jordan Press
La Presse Canadienne
Ottawa

Une juge de la Cour suprême du Canada a livré un vibrant plaidoyer à une classe de finissants en droit d'une université américaine pour dénoncer l'injustice alimentée par le «populisme narcissique».

Dans un discours qui semblait faire allusion aux actes et aux paroles du président américain, la juge Rosalie Abella n'a toutefois pas prononcé le nom de Donald Trump.

Quoi qu'il en soit, la relation tendue entre M. Trump et les juges qui ont freiné son décret-loi interdisant l'entrée aux États-Unis des ressortissants de pays majoritairement musulmans a été évoquée lors de cette allocution prononcée lors d'une cérémonie de remise de diplômes, dimanche.

La controverse autour du congédiement du directeur de la police fédérale américaine (FBI), James Comey, par le président américain a aussi été mentionnée par Me Abella.

La magistrate a dit à la classe de finissants de l'Université Brandeis - à l'ouest de Boston, dans le Massachusetts - qu'elle était devenue profondément inquiète de l'état de la justice dans le monde sept décennies après la Seconde Guerre mondiale.

Après cette guerre, les pays se sont engagés à la «promotion et à la protection des valeurs désignées pour empêcher que ne se répètent les abus inimaginables en matière de droits de la personne», a déclaré Me Abella.

Elle a ajouté que cet engagement avait été «ébranlé par un populisme narcissique, une tolérance malsaine pour l'intolérance, une indifférence cavalière à l'égard de l'égalité, une amnésie délibérée envers les instruments et les valeurs de la démocratie qui ne sont pas moins (importants) que des élections et un manque de respect choquant pour les frontières entre le pouvoir et ses arbitres indépendants comme la presse et les tribunaux».

Cette dernière remarque lui a valu un tonnerre d'applaudissements.

Le grade honorifique reçu par Me Abella est le dernier d'une série d'honneurs. En janvier, elle s'est vu décerner le titre de meilleure juriste mondiale de l'année par l'école de droit de la Northwestern University de Chicago. L'an dernier, elle était devenue la première femme canadienne à recevoir un doctorat honorifique de l'Université Yale.

La juge Rosalie Abella... (La Presse canadienne, Fred Chartrand) - image 2.0

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La juge Rosalie Abella

La Presse canadienne, Fred Chartrand

Une famille rescapée des camps nazis

Durant son allocution, dimanche, la juge a versé quelques larmes par moments alors qu'elle soulignait des parallèles entre son histoire personnelle et des événements de l'histoire contemporaine.

Les parents de Me Abella ont passé trois ans dans les camps de concentration nazis. Le fils de deux ans du couple est mort dans les camps.

Me Abella est née le 1er juillet 1946 dans un camp de réfugiés de Stuttgart, en Allemagne. Son père y travaillait en tant qu'avocat, en collaboration avec des responsables américains, sur des services juridiques offerts aux personnes déplacées qui se trouvaient dans la zone alliée du sud-ouest de l'Allemagne.

Après que la famille eut immigré au Canada, le père s'est fait dire que ceux qui n'étaient pas citoyens ne pouvaient travailler à titre d'avocats. À l'époque, Rosalie Abella était âgée de quatre ans. Elle affirme que c'est précisément à ce moment de sa vie qu'elle a décidé de devenir avocate.

Dans son discours, la magistrate de la Cour suprême a fait allusion à la mémoire de la Shoah et a affirmé que le mantra du «plus jamais» s'était transformé en «encore et encore» dernièrement, considérant le climat politique actuel.

«Ma vie a commencé dans un pays où il n'y avait pas de démocratie, de droits, de justice, et tout ça parce que nous étions Juifs», a-t-elle relaté.

«Nous avons un devoir particulier de revêtir nos identités avec fierté et de promettre à nos enfants que nous ferons tout ce qui est humainement possible pour faire en sorte (de leur offrir un) monde en meilleure sécurité (...), un monde où tous les enfants - peu importe leur race, leur couleur, leur religion ou leur genre - peuvent arborer leur identité avec dignité, fierté et paix.»




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