Des politiciens québécois se prononcent sur la présidentielle

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Emmanuel Macron, du mouvement En Marche!, et Marine Le Pen, du Front national, s'affronteront à la présidentielle, ce dimanche 7 mai.

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(Québec) Jean-François Lisée

S'il était citoyen français, le chef péquiste Jean-François Lisée voterait en faveur d'Emmanuel Macron dans le duel qui l'oppose à Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle française. Il n'accorderait pas son vote au Front national (FN), mais c'est à contrecoeur qu'il l'offrirait au représentant du mouvement En Marche!.

«Ce serait à regret que je voterais pour Emmanuel Macron, qui représente la mondialisation débridée, le refus de la reconnaissance d'une réelle culture française, un genre de multiculturalisme à la Trudeau. Et donc, je suis bien embêté pour les Français, mais ce serait ma préférence», a répondu M. Lisée lorsque la question lui a été posée, mardi.

Il dit comprendre l'engouement de certains pour la fille de Jean-Marine Le Pen, mais il les met en garde. «Je comprends qu'il y a des gens qui entendent Mme Le Pen ces jours-ci et, sans connaître le passé du FN et tout ce qu'il charrie, peuvent trouver que ce n'est pas si fou ce qu'elle dit. Mais, moi, j'ai vécu en France et je sais ce qu'est le FN et ce que ça charrie derrière le repositionnement de Mme Le Pen, et c'est très inquiétant.»

«Cette idée de préférence nationale et de discrimination institutionnalisée entre des immigrants reçus, légaux, et les citoyens, pour moi, ce n'est pas acceptable.»

Jean-François Lisée s'inscrit dans la mouvance estimant qu'il faut faire barrage au FN.

François Legault

Le chef caquiste François Legault ne sent nullement le besoin de privilégier une attitude d'opposition à Marine Le Pen.

Il dit ne s'identifier à aucun des deux candidats en lice. Il les place sur un pied d'égalité.

«Je suis toujours contre certaines propositions de Mme Le Pen. [Mais] aucune des deux personnes - M. Macron ou Mme Le Pen - ne représente mes priorités, mes objectifs, ma façon de voir les choses.»

Selon toute vraisemblance, M. Legault en a contre les positions «multiculturalistes» du candidat Macron. 

Faut-il faire barrage à Marine Le Pen? «C'est aux Français de décider. Je ne veux pas me mêler du débat.» Le chef caquiste ne le dit pas ainsi, mais il préconise le «ni l'un, ni l'autre».

Amir Khadir

Interrogé par Le Soleil sur le même sujet, mardi, le solidaire Amir Khadir a d'emblée eu des mots très durs à l'endroit d'Emmanuel Macron.

«Emmanuel Macron, ça lève le coeur. Un candidat qui vient directement des finances, un type qui a assumé le mandat de François Hollande, qui a trahi, trahi, toutes ses promesses.»

Le solidaire s'est dit soulagé de ne pas avoir à voter à cette présidentielle. «C'est un grave dilemme pour tous les progressistes, puis pour tous les gens de gauche.»

On vous entend dire du mal d'Emmanuel Macron, mais on ne vous entend pas dire quoi que ce soit sur Mme Le Pen... 

«Bien, Le Pen, ça va de soi. Le Pen, ça va de soi. Quel dommage que l'histoire ait des hoquets comme ça», a repris Amir Khadir.

Il ne croit pas que la frontiste sera élue. Il soutient tout de même que les gens de gauche capables de surmonter leur dédain de M. Macron devraient voter pour lui afin de «bloquer Le Pen».

Christine St-Pierre

La ministre des Relations internationales du Québec, Christine St-Pierre, s'est tenue en retrait de la question. Elle a refusé de dire publiquement à quel candidat va sa préférence ou celle de son gouvernement.

«On verra le résultat dimanche. C'est la démocratie qui va parler», a-t-elle déclaré. Elle a néanmoins rappelé que son gouvernement est favorable à l'idée d'«ouverture», aux accords de libre-échange. 

Mme St-Pierre a refusé d'aller plus loin, évoquant le «devoir de réserve» des gouvernements.

Le premier ministre Philippe Couillard y avait toutefois dérogé quelques heures avant l'élection américaine, l'automne dernier. Il n'avait pas caché sa préférence pour la démocrate Hillary Clinton.

Aujourd'hui, le gouvernement Couillard se fait plus prudent sur la place publique. Mais il appuie davantage les valeurs et les positions du candidat Emmanuel Macron que celles de Marine Le Pen.

Qui que soit le prochain président de la République française, le Québec «continuera d'avoir une relation privilégiée et profonde avec la France», a diplomatiquement conclu la ministre québécoise des Relations internationales.

Le Canada préférerait un président pro-UE, dit Stéphane Dion

Députés conservateurs et néo-démocrates ont multiplié les questions... (La Presse canadienne, Sean Kilpatrick) - image 3.0

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Députés conservateurs et néo-démocrates ont multiplié les questions sur le double rôle que l'ex-ministre des Affaires étrangères sera bientôt appelé à jouer sur le continent européen durant son passage, mardi, devant le comité parlementaire des Affaires étrangères et du Développement international.

La Presse canadienne, Sean Kilpatrick

Stéphane Dion affirme que le Canada préférerait l'élection d'un président français en faveur de l'Union européenne (UE), de l'ouverture et de l'inclusion.

«Ce ne serait pas une grosse surprise de dire qu'on préférerait un président qui partage les valeurs que je viens d'exprimer», a affirmé mardi le nouvel envoyé spécial du Canada à l'UE et en Europe.

Il répondait alors aux questions des journalistes qui lui ont demandé ce qu'il pensait de l'issue de l'élection en France.

Les Français doivent aller aux urnes dimanche et choisir entre la candidate d'extrême droite, Marine Le Pen, et Emmanuel Macron, qui défend l'UE. Stéphane Dion a clairement indiqué de quel côté il penchait. «Nous préférons voir à la tête d'un pays-clé comme la France en Europe un président qui croit, comme nous, que l'intégration européenne est un atout pour le monde», a-t-il indiqué.

«Nous préférons avoir un président qui partage nos valeurs d'ouverture et de respect de la diversité à la tête d'un pays ami», a-t-il ajouté.

«C'est une grande tradition de la France et je suis optimiste. Cette tradition va l'emporter et permettre au Canada et à la France de travailler selon les mêmes valeurs.»

Double rôle critiqué

La double affectation de Stéphane Dion à titre d'ambassadeur d'Allemagne et d'envoyé spécial auprès de l'UE et de l'Europe fait sourciller l'opposition.

Députés conservateurs et néo-démocrates ont multiplié les questions sur le double rôle que l'ex-ministre des Affaires étrangères sera bientôt appelé à jouer sur le continent européen durant son passage, mardi, devant le comité parlementaire des Affaires étrangères et du Développement international.

Le porte-parole conservateur en matière d'affaires étrangères, Peter Kent, a qualifié cette double nomination de «concept bizarre» et affirmé qu'il avait eu des échos d'une certaine frustration au sein du ministère des Affaires mondiales.  La Presse canadienne




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