Un départ qui frappe dur chez les libéraux

Sam Hamad a annoncé jeudi qu'il quittait la... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Sam Hamad a annoncé jeudi qu'il quittait la vie politique pour retourner dans le secteur privé.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La démission de Sam Hamad a été vécue comme un tremblement de terre politique dans le groupe parlementaire libéral - beaucoup plus que celle d'autres libéraux avant lui. Il était député de la circonscription de Louis-Hébert depuis 14 ans.

Sam Hamad a annoncé jeudi matin au premier ministre Philippe Couillard qu'il remettait sa démission sur-le-champ. Il avait récemment demandé à le rencontrer. Leur entretien a finalement eu lieu vers 8h30 jeudi.

M. Hamad est par la suite allé rejoindre ses collègues députés réunis pour leur traditionnelle réunion matinale. Il leur a fait part de sa décision. Il s'y est présenté avec son collègue Robert Poëti, qui, comme lui, a été éjecté du conseil des ministres l'an dernier.

Il est sorti du caucus, ému, également en compagnie de M. Poëti.

«Ça le prenait intérieurement» de ne plus être au conseil des ministres, a dit le libéral Raymond Bernier. «Pour Sam, c'était difficile d'accepter ça.»

Le député Patrick Huot l'a décrit comme «le capitaine de l'équipe Québec», comme une «bête politique».

Le ministre François Blais, qui lui a succédé à titre de responsable de la Capitale-Nationale, a souligné que Sam Hamad «a été un personnage politique extrêmement important pour la région de Québec». La situation était devenue difficile pour lui, a-t-il ajouté. «La politique, ce n'est pas une vie facile. Il faut y être à 100 %.»

«C'est un personnage, Sam Hamad», a répété M. Blais, reconnaissant que l'un et l'autre ont des styles très différents.

Philippe Couillard lui a rendu un hommage senti : «Il peut être fier de ce qu'il a réalisé. Il a eu un impact. Il laisse derrière lui une empreinte.» C'est ce que veut tout responsable politique, a noté le premier ministre.

Il a aussi été «durement attaqué», a-t-il dit.

Premier Tech

S'ils ont été sous le choc sur le coup, tous savaient que Sam Hamad était susceptible de démissionner. Cette possibilité paraissait cependant plus forte il y a quelques mois que ces jours-ci.

Tous savaient que Sam Hamad était malheureux depuis qu'il avait été écarté du conseil des ministres, en avril 2016, le temps que le Commissaire à l'éthique et à la déontologie puisse statuer sur son implication dans une subvention accordée à l'entreprise Premier Tech (dont Marc-Yvan Côté, un ex-collègue de travail chez Roche qui a été associé de près aux libéraux, était le vice-président du conseil d'administration).

En juin, le commissaire Jacques Saint-Laurent n'avait recommandé aucune sanction contre le député, mais il y était allé de mots durs à son endroit. Il avait affirmé qu'il avait commis un «manquement aux valeurs de l'Assemblée nationale» par ses interventions trop appuyées en faveur de Premier Tech.

Philippe Couillard aurait aimé redonner du galon à son fidèle lieutenant politique, mais il a jugé que le réintégrer au conseil des ministres était politiquement trop risqué.

Charge de Nathalie Roy

À la période des questions, alors que le bruit de la démission de Sam Hamad avait commencé à courir, la députée caquiste Nathalie Roy a laissé entendre qu'il était l'un des deux élus libéraux visés par une enquête criminelle bloquée depuis 2012. Elle faisait référence à une déclaration-choc et toute chaude du président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur.

M. Hamad a insisté sur le fait que sa démission n'a rien à voir avec un élément d'actualité. M. Couillard a dit la même chose.

Les libéraux ont été outrés des propos lancés par Mme Roy. Ils se disent admiratifs de la feuille de route de leur ex-collègue. En plus d'avoir été responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad a été ministre des Transports; président du Conseil du trésor; ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale; du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation; et des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs.

Aux dernières élections générales, en avril 2014, Sam Hamad l'a emporté avec 49,22 % des suffrages - avec une majorité de 8677 voix. Un écart confortable, mais que la Coalition avenir Québec veut faire exploser.

M. Hamad est le 15e député à démissionner de son siège depuis le scrutin de 2014.

Le témoignage d'Agnès Maltais

La députée du Parti québécois Agnès Maltais parle de Sam Hamad comme d'un «gentleman, un gars respectueux. C'était un bon député. Il était très présent pour son monde. Pour la région de Québec, il a livré la marchandise».

«C'est un homme qui faisait de la politique à la libérale, aussi. Mais aujourd'hui, je ne veux pas critiquer ce que j'appellerais sa part d'ombre.»

Lorsqu'il a quitté la salle où se déroulait le caucus libéral en compagnie de Robert Poëti, Sam Hamad n'a pas eu à subir les questions des journalistes toujours présents devant les portes de ces réunions. La rumeur de sa démission n'avait pas encore commencé à courir.

«Il nous a dit qu'il s'en allait avec beaucoup de classe», a témoigné un membre du gouvernement témoin de ce moment au caucus.




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