Les Français de Québec votent en grand nombre

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La file était longue au collège Stanislas sur le chemin Sainte-Foy, où les Français étaient appelés à voter.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) «Cela fait 40 ans que j'habite à Québec et c'est la première fois que je vais voter.» Comme de nombreux compatriotes, Brigitte Gadegaude s'est rendue au bureau de scrutin de la Capitale-Nationale au Collège Stanislas parce qu'elle se sentait particulièrement concernée par l'avenir de son pays natal.

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Les électeurs français étaient nombreux à faire la file dans le quartier Outremont, à Montréal. Ils étaient plus de 57 000 Français inscrits pour voter dans la métropole.

La Presse canadienne, Graham Hughes

«Il y a des dangers qui ne me plaisent pas du tout», confie la dame qui faisait la file samedi après-midi sous la pluie avec deux copines. Les candidats présidentiels Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon l'effraient particulièrement. «C'est ce qui est arrivé avec Trump et aussi avec le Brexit qui m'a donné froid dans le dos», explique M. Gadegaude selon qui tout est désormais possible.

En déposant son bulletin dans l'urne pour la première fois en si longtemps, elle espère faire la différence dans une élection où quatre candidats se disputent âprement la première place. De nombreux Français rencontrés par Le Soleil tenaient le même discours: l'imprévisibilité du vote leur avait fourni une raison supplémentaire pour exercer leur devoir démocratique samedi. 

Plus d'électeurs qu'en 2012

Ouvert de 8h à 20h, le bureau de vote de la circonscription consulaire de Québec, qui s'étale de Trois-Rivières au Saguenay, a été achalandé toute la journée, selon les témoignages recueillis sur place et ce qu'a pu constater Le Soleil en après-midi. Mais le délai d'attente d'environ 30 à 45 minutes était beaucoup plus court qu'à Montréal, où les médias rapportaient que des Français devaient patienter des heures avant de décider de leur candidat présidentiel préféré. 

Environ 1000 ressortissants de l'Hexagone de plus qu'au précédent scrutin sont inscrits sur la liste électorale de la circonscription de Québec pour un total de près de 9500, selon la consule générale de France à Québec, Laurence Haguenauer. En 2012, c'est plus de la moitié des électeurs qui avaient voté, ajoute celle qui ne pouvait pas se prononcer sur l'achalandage de samedi puisqu'elle n'était pas en poste il y a cinq ans. 

Des mesures de sécurité, organisées bien avant l'attentat de jeudi survenu sur les Champs-Élysées, ont été prises avec le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) afin que tout se déroule rondement, explique Mme Haguenauer. «Mais c'est sûr que le contexte sécuritaire n'est plus le même qu'en 2012», fait-elle valoir lorsque questionnée à savoir si les mesures avaient été renforcées. 

Crainte d'extrêmes

Hugo Soulet et Carole Won ont d'ailleurs mis de côté les trop nombreux attentats survenus en France au cours du mandat du président François Hollande lorsqu'est venu le temps de faire le choix de son successeur. En habitant à l'extérieur de leur terre natale, le couple dit avoir une vision différente de ce qui s'y passe. «On a plus de recul», soutient M. Soulet. 

C'est ce recul qui permet à Denis Soulet d'affirmer sans hésiter que la France, complètement désolidarisée, a besoin d'un «new deal». «Elle est devenue ingouvernable», se désole celui qui espère que le candidat centriste de 39 ans, Emmanuel Macron, l'emportera. «Je crois que c'est celui qui peut regrouper le plus de monde. Il va être obligé de piocher à gauche et à droite», poursuit-il. 

M. Soulet n'est pas le seul à souhaiter que les candidats des partis se trouvant au bout des spectres politiques ne passent pas au premier tour dimanche. «Le système se fait brasser depuis plusieurs années. Il y a beaucoup de choses qui se passent un peu partout dans le monde, le Brexit, Trump, les extrêmes en profitent», dit un consultant dans la cinquantaine qui préfère taire son nom et celui qui remporte son vote.

Elisabeth Bogucki n'hésite pas, pour sa part, à donner les siens: ce sera Benoît Hamon, le candidat du Parti socialiste de 49 ans. «Je le fais pour mes neveux et mes nièces qui sont encore en France. Je suis consciente que c'est un peu comme voter blanc, mais c'est leur choix à eux», affirme la dame. 

Andrée Rousseau a de son côté eu beaucoup de difficulté à prendre sa décision finale. «J'ai tout lu!» s'exclame celle qui a obtenu sa citoyenneté en raison de son mariage avec un Français. Elle a finalement arrêté son choix sur le républicain François Fillon «parce qu'elle ne veut pas retourner à "l'ancien temps"». Et comme tous les Franco-québécois rencontrés samedi, elle ne pouvait prédire l'issue du scrutin tant les avis sont partagés. L'auteure de ces lignes n'est pas non plus parvenue à dégager une tendance parmi la vingtaine d'électeurs rencontrés.

 




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