Le SRB était «pour les deux villes», dit le ministre Blais

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«Ce qu'on aimait dans ce projet, c'était que les deux villes se soient réunies pour faire un projet commun», a commenté le ministre responsable de la région de la Capitale nationale, François Blais.

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(Québec) Le service rapide par bus (SRB) était «pour les deux villes», souligne le ministre François Blais, qui refuse de se prononcer sur l'avenir du projet avant le maire de Québec.

Le rejet du projet de SRB par le conseil municipal de Lévis n'est pas une mince affaire, a convenu le ministre responsable de la région de la Capitale nationale, mercredi.

«Ce qu'on aimait dans ce projet, c'était que les deux villes se soient réunies pour faire un projet commun», a commenté M. Blais.

«Le gouvernement du Québec a toujours été en appui, et il va continuer d'être en appui sur l'enjeu de la mobilité dans la capitale nationale, a-t-il poursuivi. C'était le projet des villes. On l'appuyait financièrement. Maintenant, il faut voir exactement ce que le maire (Régis) Labeaume veut faire.»

Le ministre refuse de s'avancer sur l'utilisation des 56 millions $ dévolus dans le dernier budget Leitao au bureau de projet du SRB. Le maire Labeaume avait déclaré que la somme entière devrait être dédiée à la rive nord puisque Lévis doutait déjà de sa capacité à payer sa partie de la facture. «Lévis a dit qu'elle n'embarquait pas, alors nous, on va le mettre sur la rive nord», a dit M. Labeaume à la fin mars.

Un projet mal vendu, estime le PQ

La désaffection de Lévis à l'égard du SRB découle de l'incapacité du gouvernement Couillard à bien en expliquer les avantages, estime le Parti québécois. Le porte-parole péquiste en matière de Transports, Alain Therrien, blâme le ministre des Transports, Laurent Lessard, et le premier ministre pour le manque d'adhésion au SRB.

«Il y a plusieurs villes impliquées, a-t-il commenté au Soleil. C'est un bon projet. Il faut juste que ce soit bien compris et bien vendu. Et là, ce n'est pas ce qui est arrivé. À un moment donné, il va falloir que le gouvernement fasse en sorte de mieux expliquer pourquoi le SRB est avantageux et faire en sorte que ça se réalise dans l'enthousiasme généralisé.»

Si les opposants au projet sont les seuls à faire entendre leurs voix, il ne faut pas se surprendre de la réaction négative au projet. «Je ne dis pas que les gens n'ont pas compris, mais le gouvernement leur a peut-être mal présenté tous les tenants et aboutissants.»

Le projet de 3e lien est pas mal plus onéreux et la participation d'Ottawa au financement est loin d'être assurée, martèle le député péquiste. «C'est beaucoup plus cher, et un 3e lien n'est pas nécessairement garant d'une décongestion permanente, a dit M. Therrien. Souvent, il y a une congestion qui arrive quelques années plus tard et on revient à la situation de départ. Tout ce que ça a amené, c'est de l'étalement urbain. (...). Il faut faire bien attention que les gens comprennent bien qu'il y a des coûts extrêmement élevés à avoir un troisième lien.»

Un troisième lien est préférable, selon la CAQ

À l'opposé, à la Coalition avenir Québec (CAQ), le député Éric Caire, insiste sur le manque d'acceptabilité sociale du projet de SRB. «Le maire (Gilles) Lehouillier s'est rendu compte que, pour les gens de Lévis, le SRB ne représente pas une solution à leur problème de transport», a commenté M. Caire. Cela reviendrait à un gaspillage d'argent, croit-il.

Sur la Rive-Sud, les gens ont raison de préférer un troisième lien à un SRB, poursuit l'élu caquiste. Et, sur la rive nord, poursuit-il, le tracé choisi vise davantage à favoriser du développement immobilier et de la revitalisation urbaine qu'à transporter efficacement les gens.

«Le maire de Lévis s'est fait le porte-voix de sa population, ce qu'un élu devrait toujours faire», a déclaré M. Caire.

Chez Québec solidaire, la députée Manon Massé ne croit pas que Lévis tourne le dos au transport en commun. La ville souhaite plutôt un projet «mieux adapté» à ses besoins, croit-elle.

Avenir du SRB: silence des élus d'Équipe Labeaume

Que pensent les élus de l'équipe du maire Labeaume de l'avenir du Service rapide par bus (SRB)? Impossible de savoir, les conseillers ayant été peu bavards mercredi. En matinée lors d'une séance du conseil d'agglomération à laquelle n'a pas assisté le maire Régis Labeaume, des conseillers membres du comité exécutif sont restés silencieux. Tant la mairesse suppléante, Michelle Morin-Doyle, que les responsables de l'environnement, Steeve Verret, des infrastructures Jonatan Julien, du développement économique Natacha Jean et du développement social, Chantal Gilbert, sont passés devant les journalistes sans commenter. Quel plan B pour le SRB maintenant qu'il a été largué par Lévis? Silence radio. «Le maire vous a dit qu'il vous reviendrait dans quelques jours. On va attendre que le maire se prononce», a simplement dit le président du Réseau de transport de la Capitale, Rémy Normand. Pas plus de jasette en après-midi en marge d'une conférence de presse de Jonatan Julien sur les chantiers routiers à venir cet été. Silence aussi directeur du Bureau du transport, Marc des Rivières. «Je n'ai pas de réponse là-dessus, madame», a-t-il lancé lorsque questionné par la représentante du Soleil

Valérie Gaudreau




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