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(Québec) DÉCODAGE / Comme les gouvernements d'autres provinces, celui de Philippe Couillard se serait bien passé du projet de loi fédéral légalisant la marijuana. Il doit maintenant faire avec.

On sait qu'il aurait au moins aimé être mieux informé par Ottawa «en amont» - avant la présentation de la pièce législative. Son agacement est multiplié par le fait que ce dossier s'ajoute à plusieurs autres pour lesquels il espérait «davantage de coopération» de la part du gouvernement Trudeau.

C'est le cas en matière de justice. Il lui a demandé plusieurs fois ces derniers mois de pourvoir les postes de juge tombant sous sa responsabilité. En vain, jusqu'ici.

Résultat: c'est son gouvernement et pas celui de Justin Trudeau qui est surtout sur le grill médiatique depuis l'arrêt Jordan.

Québec appelle Ottawa. Souvent en vain. Allo, il y a quelqu'un? Il y a de la friture sur la ligne.

Le péquiste Jean-François Lisée a tout de suite vu dans ces dossiers deux raisons supplémentaires de souhaiter l'indépendance du Québec.

Du côté du gouvernement, on insiste régulièrement sur le fait que le Québec serait financièrement perdant advenant l'indépendance du Québec. Et on rappelle que bien au-delà de cet aspect financier, une majorité de Québécois, s'ils sont Québécois d'abord, sont attachés à leur citoyenneté canadienne.

La collaboration

Philippe Couillard et les membres de son gouvernement auraient aimé et aimeraient bénéficier de «davantage de coopération» de la part d'Ottawa. Le premier ministre du Québec avait lancé un appel en ce sens en août 2015. C'était quelques semaines avant l'arrivée au pouvoir de Justin Trudeau.

Il avait transmis une lettre aux chefs fédéraux alors en campagne. Tout n'était pas nouveau dans sa missive. Il était encore une fois question de l'inscription du caractère distinct du Québec dans la Constitution canadienne, un sujet presque jamais réévoqué depuis.

La réforme du Sénat, dont il était aussi question dans la lettre, n'est toujours pas au programme. Non plus que l'encadrement du «pouvoir fédéral de dépenser» ou l'obtention d'un droit de veto sur tout changement constitutionnel.

Dans la missive, des «défis» étaient identifiés comme «prioritaires». Sur le Transfert canadien en santé, on sait aujourd'hui que le gouvernement Couillard n'a pas obtenu satisfaction. Pas plus que sur sa demande de retrait du plafond imposé au programme de péréquation.

Les fonds fédéraux dévolus aux infrastructures ne sont toujours pas versés en bloc au gouvernement du Québec.

Le versement par Ottawa d'une «juste part» des investissements fédéraux destinés au développement nordique demeure à discuter. Tout comme le prolongement maritime des côtes du Québec: une «urgence», disait pourtant M. Couillard en évoquant les projets associés au Plan Nord et à la Stratégie maritime.

L'octroi d'une «juste part» des investissements fédéraux en matière de défense et d'infrastructures navales au Chantier Davie, à Lévis, se fait toujours attendre.

Au chapitre des avancées, notons la reconnaissance par le gouvernement fédéral du rôle et des actions du Québec dans la lutte contre les changements climatiques, ainsi que la création d'un cadre fiscal favorable à la fixation d'un coût au carbone; la bonification du financement de la Société Radio-Canada; l'obligation pour les juges de la Cour suprême d'être bilingues et l'abandon du projet d'instaurer un péage sur le nouveau pont Champlain.

Les tensions sont le propre de toutes les fédérations, dirait Philippe Couillard s'il avait à commenter ces éléments aujourd'hui. Il rappellerait, car il l'a déjà suggéré, que les tiraillements sont le fait de tous les ensembles politiques et économiques organisés et qu'ils marquent également les relations de pays indépendants. Il estime que les médias mettent l'accent sur ce qui va mal au Canada; jamais sur ce qui va bien.

Indemnités majorées

Le débat sur les revenus de plusieurs millions de dollars des dirigeants de Bombardier a cédé le pas à d'autres. Un élément de comparaison a toutefois changé depuis la crise d'il y a deux semaines: le salaire des parlementaires de l'Assemblée nationale.

Jusqu'à il y a quelques jours, le site Web de l'Assemblée nationale indiquait que depuis le «31 mars 2015, l'indemnité annuelle de base [des parlementaires] est de 90 850 $». On y lit désormais que «depuis le 1er avril 2017», elle est de 93 827 $. Elle a été majorée d'un pourcentage égal à celui accordé aux cadres supérieurs de la fonction publique, soit de 3,28 % (en incluant un facteur de rétroactivité pour 2016). 

À cette indemnité, s'ajoutent des «indemnités additionnelles» liées aux fonctions occupées. Pour le premier ministre du Québec, le total s'élève à 192 345 $. C'est un peu plus que c'était, mais c'est très très loin des Alain Bellemare et compagnie. Pour certains, il s'agit d'une comparaison boiteuse.

Pour être complet, précisons que l'«allocation annuelle de dépenses» des 125 parlementaires de l'Assemblée nationale, qui s'ajoute à leurs revenus, a été ajustée à 16 981 $ le 1er janvier.




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