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(Québec) DÉCODAGE / Au-delà du cas des hauts dirigeants de Bombardier - et même au-delà des entreprises soutenues par l'État - doit-il exister un plafond des rémunérations pour les bonzes du secteur privé?

Pour le gouvernement de Philippe Couillard, l'État n'a pas à se mêler de cela. Il n'a pas à s'immiscer dans les affaires internes des entreprises. Le Québec, de toute façon, ne pourrait faire cavalier seul; ne pourrait imposer quoi que ce soit. Il en paierait inévitablement un lourd prix économique, fait-il valoir.

Pour la Coalition avenir Québec, comme pour le Parti québécois, le gouvernement Couillard avait en tout cas le devoir d'exercer un contrôle serré sur les rémunérations des hauts dirigeants de Bombardier, puisque les Québécois y ont injecté 1,3 milliard $ - à travers le programme de la Série C.

Pour Québec solidaire, la question ne se pose même pas. Les rémunérations des hauts dirigeants doivent bien évidemment être plafonnées - que ce soit dans le secteur des banques, celui des assurances, des firmes de stratèges-comptables, etc. Le Québec peut et doit donner l'exemple, estiment les solidaires.

Le Parti québécois invite, lui, à une «discussion publique» sur le sujet. 

Cette discussion devrait concerner tous ces géants chez qui des dirigeants s'échangent des places lucratives, selon lui. Elle devrait aller au-delà, donc, des entreprises recevant des aides importantes de l'État.

«Les dirigeants de grandes entreprises multinationales dans les années 50 et 60 étaient aussi compétents que ceux d'aujourd'hui, mais leur rémunération était 50 fois moindre», a illustré Jean-François Lisée.

Une fois le diagnostic établi, nombreux sont ceux qui constatent que les solutions sont difficiles à trouver - sans compter le fait qu'elles ne font pas consensus. L'actuelle campagne présidentielle en France nous en offre un exemple.

Sans applaudir les rémunérations exorbitantes, quatre des 11 candidats à la succession de François Hollande pensent que le statu quo est préférable à une intervention de l'État, selon un relevé du Monde. Dans ce groupe, le représentant des Républicains, François Fillon, et la frontiste Marine Le Pen.

Parmi les candidats plus marginaux, Nicolas Dupont-Aignan a déclaré qu'il encadrerait les rémunérations abusives dans les «entreprises publiques», celles liées à l'État. Il n'a pas précisé la nature de cet encadrement...

Le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, s'engage de son côté à prohiber les «rémunérations dépourvues de lien avec l'amélioration des résultats». Pour les précisions, on repassera.

L'un des candidats les plus à gauche, Jean-Luc Mélenchon, s'il était élu, fixerait un salaire maximum de manière à limiter l'écart de 1 à 20 entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut dans une entreprise. C'est sans doute une voie que privilégierait Québec solidaire.

Le Tony Blair français, Emmanuel Macron, qui pourrait être élu président - après un affrontement au second tour de la présidentielle avec Marine Le Pen -, ferait «publier par les grandes entreprises un ratio d'équité mesurant l'écart de rémunération entre le dirigeant et les salariés». Cette transparence est sans doute le point le plus loin où se rendrait le Parti québécois (pour les entreprises du secteur privé).

Comme l'aide médicale à mourir

On verra bien jusqu'où se rendra le gouvernement Couillard avec les 38 recommandations soumises par des députés de l'Assemblée nationale pour lutter contre les paradis fiscaux.

Certaines finiront par être appliquées, puisque la dénonciation de ces «territoires à faible fiscalité» - comme disent les banquiers - existe ailleurs dans le monde et qu'elle ne cesse de prendre de l'ampleur.

Mais il faut garder à l'esprit que ce document est une feuille de route, que c'est un programme pour les prochaines années. Les pas du Québec seront lents, voire incomplets, aux yeux de plusieurs.

Il faut par ailleurs noter que ce rapport émanant d'une commission parlementaire de l'Assemblée nationale est étoffé. Même si rien n'est jamais tout à fait comparable, il fait penser au travail des députés ayant débouché sur la loi sur l'aide médicale à mourir. Ne serait-ce qu'en raison de la profonde collaboration ayant animé les signataires, lesquels proviennent de tous les groupes parlementaires.

Sylvie Roy avait porté le dossier

La Coalition avenir Québec a fait mouche en braquant les projecteurs médiatiques sur les fameux «trop-perçus» d'Hydro-Québec. Sans rien enlever à la députée caquiste Chantal Soucy, qui a mené la fronde contre le ministre Arcand, il faut dire que ce même dossier avait déjà été porté il y a presque deux ans par la députée Sylvie Roy, aujourd'hui décédée. Et exactement dans les mêmes termes, qui plus est!

Le 12 mai 2015, Sylvie Roy, alors membre de l'équipe de François Legault, signait un communiqué de presse en bonne et due forme titré: «1,4 milliard $ en trop-perçus; Hydro-Québec doit retourner l'argent dans les poches des Québécois.»

Contrairement à cette semaine, et malheureusement pour elle, l'affaire n'avait pas fait grand bruit à ce moment-là.




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